mercredi 21 octobre 2020

Guyane, si loin si proche

Il suffisait d’écouter Guyane 1ère Radio, hier soir, pour comprendre. À 20 heures ici, 13 heures là-bas, commençait une édition spéciale du journal dans lequel il n’y avait même pas besoin d’images.
Les journalistes de la radio publique racontaient avec une sorte de fascination les manifestations du matin :

10 000 personnes à Cayenne, dans les 4 000 à Saint-Laurent-du-Maroni. Des manifs vêtues de noir, couleur des désormais célèbres "500 frères", hormis le rouge porté par les "peuples autochtones", comme on dit là-bas. Et, jusque-là, pas le moindre débordement, pas le moindre casseur…
"C’est la plus grosse manifestation organisée en Guyane", commentait même la préfecture, qualifiant les chiffres d’"énormes". Au sixième jour de blocage et au deuxième jour de grève générale, le plus significatif était sans doute cet assemblage inédit d’intérêts si divers : des ouvriers se retrouvaient à marcher avec des avocats, tandis que des commerçants avaient baissé le rideau solidairement, que le patronat lui-même se fendait d’un communiqué d’adhésion à la protestation, tout comme le Grand Orient de France.

C’est loin, la Guyane, et ce n’est pas tout à fait nous. Là-bas, l’insécurité a atteint l’insupportable, véhiculée par l’imbrication d’une immigration clandestine massive, de la présence de mafias locales liées à l’exploitation de l’or (voir la série "Guyane", sur ce point, édifiante), de la détention d’armes à feu, de trafic de drogue. Mais la Guyane est pourtant proche de nous en bien des points : taux de chômage asphyxiant, jeunesse désabusée, retards structurels criants…
Alors il faut clairement dépasser les premières arguties politiciennes véhiculées ça et là, en ces temps de campagne présidentielle. Qu’il s’agisse, comme l’assènent certains, de "l’échec de la politique Hollande" n’importe plus. D’autant que c’est évidemment faux : on n’entraîne pas un département entier aux limites de l’insurrection en quelques années. La Guyane souffre depuis longtemps, le crie aujourd’hui et, par chance, l’exprime ces jours-ci sans violences.
Du coup, une délégation interministérielle est annoncée et tant mieux. Mais il faut qu’elle aille vite. Elle comprendra forcément Ericka Bareigts, qui joue, à quelques semaines de la fin de son "mandat" la partie la plus délicate de sa carrière.
Il y va non seulement du rétablissement de l’ordre en Guyane mais surtout de sa non-propagation au reste de l’outre-mer. Mayotte, peu ou prou, vit les mêmes douleurs que la Guyane. Les Antilles et La Réunion, avec quelques nuances, n’en sont pas loin non plus.

David Cassagne - Le Journal de l’île / p.3

Madagascar ou le procès du colonialisme

" Maintenant il est temps de révéler la réalité ", confie au Quotidien l’un des insurgés de 1947 dans la Grande île.. Edmond Rakotomavo 94 ans, a conservé des souvenirs très présents de cette rébellion pour l’indépendance de Madagascar, qui fut très violemment réprimée.

Le nombre de 100 000 morts est régulièrement cité. Devant l’Assemblée nationale, cette même année, les nombres rapportés indiquent 80 000 morts.
Un professeur français d’université, spécialiste de la révolte malgache, Jean Fremigacci assure que la répression de l’insurrection n’a pas causé plus de 10 000 morts directs, auxquels s’ajoutent 20 000 Malgaches décédés des suites de leurs blessures, des sévices subis, de la malnutrition.

Au-delà de ces comptabilités plus macabres les unes que les autres, ce 29 mars 1947 est à marqué d’une pierre noire. Ce jour dont nous commémorons l’horreur, cet épisode sanglant que Le Quotidien se devait de sortir d’un relatif oubli, figure parmi les symboles les plus forts de ce que peut produire le colonialisme. Ils font aussi écho à une vive controverse qui a agité un temps la campagne électorale de l’élection présidentielle.
D’abord par la bouche de François Fillon, assurant fin août 2016 que la " France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique".

Thierry Durigneux - Le Quotidien / p.3

Marcadet compte 42% de solitaires

Pas moins de 42% des ménages habitant dans le quartier de Marcadet sont constitués de personnes seules, soit beaucoup plus que les 33% recensés sur Saint-Denis. C’est entre autres ce que révèle l’enquête publiée par Compas.
On découvre aussi que le revenu mensuel médian est de 1230 euros et que 36% des allocataires de la Caf ne vivent que de prestations sociales.

Le Quotidien / p.16

Pour EELVR, Hamon incarne un nouveau modèle de société

Europe Écologie Les Verts Réunion a redit hier matin tout le bien qu’il pense du candidat socialiste retenu au terme de la Primaire et abandonné par nombre des siens.
Transition écologique, renouveau démocratique, justice sociale... autant de propositions déclinées par Benoît Hamon auxquelles adhèrent pleinement les écologistes réunionnais. "Dans sa plateforme programmatique, figure notamment les conférences de consensus, autrement dit, des conférences réunissant tous les acteurs privés et publics pour discuter de la pertinence d’un projet dont ils sont porteurs," expose Jean-Pierre Marchau, faisant allusion à la Nouvelle Route du Littoral. À l’heure où il est question de rediscuter du bien fondé de la Réserve Marine ou du Parc National, on devrait s’inspirer de ce dispositif estime EELVR.
Ladite plateforme accorde une large place à la transition énergétique : une aubaine pour notre île en matière de création d’emplois, en particulier dans le domaine des transports. "Le plan prévoit un parc propre, c’est-à-dire à base d’énergies renouvelables, à hauteur de 50 % en 2020 et à 100 % en 2025," note Jean-Alain Cadet.

Le Journal de l’île / p.13

Les agriculteurs chassés par les carriers

Une partie de Pierrefonds recèle de matériaux exploitables dans son sous-sol.
Ce qui fait de ce secteur une mine d’or pour les carriers.
Un à un, les agriculteurs sont priés d’aller voir ailleurs, dans des conditions pour le moins discutables.

Jean-Alun Grondin n’a pas baissé les bras. En novembre 2016, cet agriculteur de Pierrefonds dénonçait dans nos colonnes la volonté de la SCPR de l’expulser de son exploitation de mangues pour y transférer son installation de concassage.
Depuis, il a porté l’affaire devant la justice. Et le tribunal des baux ruraux doit statuer en mai prochain sur la validité de son bail à ferme.

Le Quotidien / p.4