lundi 28 septembre 2020

Les fonctionnaires : un électorat sensible

Tous les partis politiques français ont un jour envisagé, vertueusement, de supprimer la surrémunération des fonctionnaires qui coûterait 1,2 milliard d’euros par an. Aujourd’hui, même Benoît Hamon, le plus à gauche des socialistes, se fait le garant du maintien de cette spécificité ultramarine à géométrie variable. Depuis la Guadeloupe, il a ainsi promis de maintenir ce dispositif, histoire de ne pas se mettre à dos un électorat bien au fait de sa situation économique. Pourtant, Victorin Lurel lui-même, avait proposé dans un rapport à son nom, une suppression à moyen terme…
François Fillon dont le parti envisageait il y a peu une remise en cause progressive du système s’est clairement prononcé pour son maintien, sans jamais y revenir, ce qui laisse à penser que le sujet est définitivement classé. Quant à Emmanuel Macron, sa religion n’est pas franchement arrêtée sur le sujet, car nombre de ses soutiens et inspirateurs, du centre comme Jean Arthuis, ou de gauche mitterrandienne, comme Jacques Attali sont techniquement opposés à son maintien car ils considèrent ce dispositif comme désuet, générateur d’inégalités et contraire à la compétitivité des territoires où il est appliqué.

Et comme de bien entendu, l’aréopage macronien issu de Bercy lorgne sur cette ligne dont la suppression pourrait susciter une réduction symbolique des dépenses publiques dans le cadre du coup de rabot de 60 milliards d’euros qui devrait être exécuté sur les cinq années de cet hypothétique mandat. Mais comme il ne faut pas insulter l’avenir, et que pour promettre du sang et des larmes il faut s’appeler Churchill, Emmanuel Macron, lorsqu’il a légèrement dévoilé son embryon de programme pour l’outre-mer, s’est bien gardé d’annoncer un régime trop draconien. De fait, il s’est prudemment prononcé pour le maintien des surrémunérations "car aujourd’hui on ne peut pas les supprimer".

Philippe Le Claire - Le Journal de l’île / p.3

Un nécessaire devoir de réserve

Enfin ! Après les invectives, les accusations voire les anathèmes, le temps du dialogue constructif semble être en passe de trouver un tout début d’amorce. Léger, fragile, mais tout de même existant.
Il y aura malheureusement fallu 20 attaques de requins, dont huit mortelles, des drames inimaginables, des tâtonnements, des expérimentations, des atermoiements et autant de réactions sous le coup de l’émotion, de la passion et de la colère pour qu’enfin l’ensemble des acteurs concernés par cette crise unique dans notre histoire puisse envisager de travailler dans une seule et même direction : préserver La Réunion du risque requin au maximum tout en protégeant son environnement.
Vendredi dernier, la quatrième réunion du Comité pour la réduction du risque requin aura, pour une fois, été non un règlement de comptes en bonne et due forme entre les différentes parties, entre écologistes et surfeurs, adeptes de la pêche de requins-tigres et bouledogues d’un côté et défenseurs d’une réserve marine accusée de tous les maux de l’autres.
Pratiquement tous ceux qui participent depuis le début à cette instance en sont ressortis unanimes, une fois n’est pas coutume : la discussion a été possible même si les échanges ont parfois été vifs et passionnés.
Un équilibre fragile comme l’est celui de nos coraux, qui ne demandent qu’à se rompre au premier coup de chaleur.
Après les saillies excessives du maire de Saint-André contre les "pseudo-scientifiques", après le geste imbécile de cinq jeunes surfeurs qui s’en étaient pris à coup de cocktail molotov et tags au siège de la réserve, après l’annonce de la Région Réunion de retirer sa subvention à l’organisme fustigeant son inertie, cette réunion était attendue comme celle de tous les excès à tout le moins verbaux. Il n’en a rien été.

Hervé Chossat - Le Quotidien / p.3

La marche nordique, du sport en douceur

Le Racing Club Saint-Denis a organisé hier, pour la deuxième année consécutive, une Journée de marche nordique dans le parc du Cœur Vert Familial. La discipline en question est un sport de plein air, qui consiste en une marche accélérée avec des bâtons de marche spécifiques. Des marcheurs de l’Etang-Salé, Saint-Pierre et Petite-Ile ont rejoint le groupe dionysien pour participer à cette manifestation gratuite et ouverte à tous et ils étaient en tout près de 80 personnes. Il s’agissait, pour les organisateurs, de "se retrouver et développer la discipline".

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Hamon et Macron se disputent La Réunion

Deux des trois principaux prétendants de gauche à la présidentielle ont annoncé leur passage à La Réunion, rien que de très classique, mais l’un d’entre-eux, Benoît Hamon, a préemptéle débat depuis l’autre bout du monde, la Guadeloupe plus précisément, procédé à un- recentrage de ses positions, salué “l’excellent bilan du quinquennat” de François Hollande sur l’outre-mer, tout en promettant d’y maintenir la surrémunération des fonctionnaires. Macron sera à La Réunion les 25 et 26 mars, Hamon du 1er au 3 avril.
Hamon et Macron, les deux prétendants à l’héritage socialiste de François Hollande, engagés dans des stratégies différentes pour s’imposer à l’électorat de gauche, s’affrontent dans une concurrence d’autant plus féroce que le premier revendique une légitimité primaire, même s’il a frondé pendant quasiment tout le quinquennat, quand l’autre, ex-conseiller de François Hollande, qui ne s’est jamais déclaré socialiste, porte aujourd’hui les espoirs des “réformistes” du PS et ceux des légitimistes qui s’étaient alignés sur Manuel Valls. Devancé dans les sondages par un Emmanuel Macron qui bénéficie d’un soutien médiatique insolent du à ses puissants amis Bergé, Drahi et consorts, Hamon cantonné à la duplication de ses pétitions de principes de la gauche de la gauche, dans l’incapacité de perpétuer le filon du revenu universel d’existence au-delà de la primaire, a bien entendu la leçon qui lui a été faite par l’actuel premier ministre, Bernard Cazeneuve, et qui se résumait à ces quelques mots : “On ne peut pas gagner cette élection si on n’incarne pas une espérance, il le fait. Et sans s’adosser au bilan du quinquennat… “

Le Journal de l’île / p.6

Une vitrine pour les produits réunionnais

Les troisièmes Rencontres Seychelles-Réunion faisaient cette année la part belle à l’agroalimentaire. Des contacts intéressants ont été liés et devraient logiquement déboucher sur de nouveaux marchés pour plusieurs entreprises locales.
Une salle d’exposition dédiée aux produits réunionnais, des visites chez les principales centrales d’achats, des rencontres individuelles avec des acheteurs potentiels ... Durant trois jours, du 6 au 8 mars, une quinzaine d’entreprises réunionnaises ont pris des contacts et tenté de décrocher des marchés auprès des opérateurs seychellois. Une troisième expérience après celle de janvier 2015 et de mars 2016, sous l’égide du Club Export.

Le Quotidien / p.4