mardi 20 octobre 2020

Couteaux rangés, mains tendues

Trois jours après le discours funèbre d’Alain Juppé, son constat cruel et cinglant ne cesse d’être validé à mesure que continue cette drôle de campagne. Parlant aussi bien du Front national que de la gauche mais aussi de son propre camp, le maire de Bordeaux, malgré son expérience, semble éberlué du "discrédit de l’établissement politique".
Le spectacle offert par nombre de cadres de LR est - il est vrai - affligeant. Depuis lundi soir, tous ceux qui montraient les muscles, annonçaient qu’ils allaient monter sur la table, et braillaient pour obtenir la répudiation de François Fillon sont rentrés dans les rangs.
Gérard Larcher, président du Sénat et roi de la valse-hésitation, estime finalement que François Fillon doit porter le projet après avoir tant manœuvré pour le faire tomber. Ayant jeté leurs couteaux, les Sarkozystes se disent "unis" derrière lui. Et demandent maintenant au candidat LR de "tendre la main à ceux qui ont douté". Le trio Pécresse-Bertrand-Estrosi, qui exigeait une rencontre pour une "sortie respectueuse", chante à présent pour "l’unité de toutes nos forces".
Quant à Jean-Pierre Raffarin, il peut bien ironiser sur le "recyclage des caciques socialistes chez Macron". C’est sûrement une façon de se donner un coup de pied aux fesses pour se forcer à faire campagne pour le candidat de son camp. Car il doit être encore sonné après l’abandon d’Alain Juppé.
Reste le cas croquignolesque de l’UDI. Le parti centriste qualifie désormais François Fillon de "candidat légitime". Et dans un langage très soviétique lui demande de prendre "des initiatives de rassemblement". Là aussi, on ne rit pas. Mais l’électeur aura vite compris que l’UDI fait allusion à un accord électoral sur des circonscriptions aux législatives. Personne n’a toutefois oublié que l’UDI avait demandé la semaine passée le retrait de François Fillon et avait annoncé ne plus faire campagne.
Loin d’être dupe de ces mesquineries, François Fillon en appelle désormais "au rassemblement" pour "foncer avec (lui) pour la France". Après tant de défections et la réapparition de profondes fractures sur les lignes politiques, l’heure ne peut être celle de la vendetta.
Le candidat LR dont tant voulaient se débarrasser semble prêt à passer l’éponge au nom de la mobilisation et de l’efficacité. Mais les discours incantatoires sur la fin des divisions, le partage des mêmes valeurs et objectifs, semblent bien fragiles.
Dans sa confirmation "une bonne fois pour toutes", Alain Juppé a dit ne pas avoir eu "l’intention de s’engager dans des tractations partisanes ni des marchandages de postes". François Fillon, lui, y est désormais contraint. Même s’il a éradiqué toute tentation de plan B. Même s’il assure qu’il est candidat "devant le peuple français" qui seul décide.

Jérôme Talpin - Le Journal de l’île / p.3

Pour la transparence encore un petit effort

En France, pays où le "tous pourris" désignant les élus fait toujours recette, l’honnêteté en politique est un thème, ou un anathème, permanent.
Encore davantage quand l’affaire Cahuzac a éclaté au début du quinquennat de François Hollande. L’ex-étoile montante du parti socialiste, ministre du budget inflexible, a pourtant été condamné pour fraude fiscale et blanchiment.
L’ancien héros de la lutte contre l’évasion fiscale était aussi un fraudeur du premier ordre.
Le plus retentissant scandale de la présidence Hollande a provoqué un tel séisme en France, déjà dotée d’un arsenal convenable pour traquer les éventuelles malversations perpétrées par le personnel politique, a inventé la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Elle a surtout ajouté des couches de contrôle.
Désormais les ministres sont redevables d’une déclaration de patrimoine en bonne et due forme. Ainsi, Ericka Bareigts a dû préciser la valeur de son logement dionysien, entre autres parler de ses économies, de ses placements. Ces détails peuvent faire sourire ou râler, telle est la loi qui s’applique à tous.
Pour les autres parlementaires nationaux et européens ou encore maires de ville de plus de 20 000 habitants, le législateur a créer la déclaration d’intérêt, ce formulaire semble un outil bien modeste. Mais il existe et on attend de chaque élu concerné qu’il le remplisse correctement, au nom de la transparence.

Thierry Durigneux - Le Quotidien / p.3

Les seniors tiennent salon ce week-end

Mettre les seniors en avant, améliorer la visibilité des différents acteurs qui les accompagnent au quotidien : tel est l’objectif du salon qui se déroulera ce week-end, au Parc des expositions de Saint-Denis. Pour la deuxième année consécutive, Jérôme Manicom et Gérald Oviode remettent donc le couver. Ce rendez-vous, nouvellement inscrit au calendrier régional, est appelé à grandir compte tenu de la mutation à laquelle est confrontée notre société aujourd’hui. "Les personnes de 50 ans et plus constituent une frange de la population en pleine expansion. Après 2040, 36 % de notre population aura plus de 50 ans", font remarquer les deux jeunes gens. Il convient donc de les valoriser : leur offrir de quoi être bien accompagnée au fil des jours, mais aussi de montrer au monde économique régional ce que cette population représente en termes d’opportunités, de potentialités.

clicanoo.re

Le Sud en marche pour Macron

Il ne manquait plus que la région sud à se doter d’un comité de soutien pour Emmanuel Macron. Hier, des élus sudistes, notamment Jean-Gaël Anda de Saint-Pierre et Brigitte Hoareau de Petite-Ile, aux côtés de membres issus de la société civile ont officialisé la structure. D’autres élus auraient bien aimé figurer sur la photo, mais « certains ont du mal à se défaire de leur mentor », tente d’expliquer Brigitte Hoareau, élue de l’opposition de Petite-Ile en référence à des collègues qui ne veulent pas afficher clairement leur soutien à Emma-nuel Macron, notamment dans le sud. Sans étiquette, Brigitte Hoareau reconnaît avoir changé son fusil d’épaule. « On faisait partie du comité de soutien d’Alain Juppé, mais on ne se reconnait pas dans les valeurs de François Filon, poursuit celle qui est en lien avec Max Dubois, le représentant outre-mer de Macron. Ce n’est pas un simple comité, c’est un vrai comité de réflexion. On est au cœur de la démocratie participative ». A ses côtés, hier matin, de nombreuses personnes de la société civile, mais aussi et principalement l’élu estampillé LPA, le parti de Thierry Robert, l’un des premiers soutiens d’Emma-nuel Macron à La Réunion, Jean-Gaël Anda, élu de l’opposition à Saint-Pierre accompagné de son binôme, Dolène Chetty. « Les vieux clivages droite et gauche ont atteint leur limite et ce clivage ne correspond plus aux attentes du pays, Macron rassemble les deux, précise Jean-Gaël Anda. C’est le seul vrai rempart à Marine Le Pen. Il ne faut pas fustiger leur volonté de voter le FN, mais comprendre cette colère. »

Le Journal de l’île / p.15

Le "pêcher gourmand de Jean-Paul Virapoullé"

Jean-Paul Virapoullé s’est récemment exprimé en faveur d’une pêche massive de requins.
Un sujet sur lequel il n’esttout à fait neutre. Le maire de Saint-André est actionnaire depuis 2001 d’une société de pêche, dirigée par son fils. Une double casquette qui pourrait lui valoir quelques ennuis.

Le Quotidien / p.4