lundi 28 septembre 2020

Il y a tout à craindre de la justice version Le Pen

En campagne électorale, il y a les promesses en l’air, les engagements main sur le cœur et les flatteries mensongères. Mais il y a aussi ces phrases lourdes de sens, mûrement réfléchies, dont le sens dépasse largement les mots qui la composent. Hier, en meeting à Nantes, Marine Le Pen en a aligné quelques-unes sur la justice, qui nous éclairent sur le traitement qu’elle infligerait à cette institution, si elle devenait présidente. Pour Marine Le Pen - avocate de profession, ça n’a rien d’anodin - la justice est "une autorité, pas un pouvoir", et "les magistrats sont là pour appliquer la loi, pas pour l’inventer, pas pour contrecarrer la volonté du peuple, pas pour se substituer au législateur". Celle qui a prêté serment au barreau de Paris n’a honte de rien, lorsqu’elle met en garde contre "une dérive antidémocratique, oligarchique". Il faut bien davantage que du culot pour oser stipuler que "L’État de droit est le contraire du gouvernement des juges".
On l’aura compris : Marine Le Pen joue à fond sa stratégie de défense victimaire après les mises en examen de deux de ses proches. Mais nous dépassons là la simple stratégie de défense. Par ces phrases, assénées devant des milliers de personnes, répétées sur les chaînes de télé et de radio, nous voyons bien qu’il y a tout à craindre de la justice version Le Pen. Qu’elle l’appelle "pouvoir" ou "autorité", la justice, selon Marine Le Pen, doit surtout être contrôlable, par elle-même si possible, elle qui déteste les magistrats et les juges, leur dénie le droit à l’indépendance, s’en défie. Il est d’usage de dire, lorsqu’on brigue les plus hautes fonctions qu’il faut "faire confiance à la justice de son pays". Marine Le Pen dit l’inverse, en est fière, et c’est là que réside le danger.

David Cassagne - Le Journal de l’île / p.3

De l’irrationnel à la normalité

C’était la foule des grands jours, hier matin en l’église Sainte-Agathe de la Plaine-des-Palmistes. Un "jour du seigneur" version télé péi, où caméras, micros et blocs-notes étaient de sortie et signifiaient la singularité de l’événement. Non seulement monsieur Gilbert Aubry y présidait l’eucharistie, mais l’évêque intervenait deux jours après la mise en examen du père de la paroisse Fabrice Ibrahim pour viols aggravés et agressions sexuelles.
Gilbert Aubry a eu des mots très forts. Il a parlé "d’écoeurement", de " souffrance". Concernant le père Ibrahim, il y a vu "le poids du mal", un "comportement irrationnel" et demandé, au nom des prêtres qui l’entouraient, du clergé tout entier, "pardon publiquement pour les personnes avilies, abîmées par le comportement du père Ibrahim", " pardon pour toutes nos faiblesses, nos fautes qui ont défiguré ton visage, Seigneur."
Des mots forts qui renvoient à l’image que l’homme d’Église voit le prêtre : quelqu’un d’irréprochable. Quelque à qui on confie son enfant, le mercredi, en toute confiance. Un parent dont la confiance vient d’être brisée avec cette affaire présumée de pédophilie qui télescope quatre autres affaires récentes ayant défrayé la chronique - pères Tual (Bras-Panon), Hoarau (Sainte-Marie), Naramoutou (Saint-André) et Vincent (La Source)

Jean-Marc Goglione - Le Quotidien / p.3

De plus en plus de femmes dans les sports de combat

Hier, l’office municipal des sports dionysiens organisait sa quatrième journée de découverte de sports de combat et d’arts martiaux. Plus que jamais la pratique se féminise.
Pour mesurer le sentiment d’insécurité des femmes, il pourrait être intéressant de se rendre chez les pratiquants de sports de combat. Hier, pendant la quatrième journée dionysienne de découverte des sports de combat et des arts martiaux pratiqués dans le chef-lieu, un petit sondage informel permet de vite comprendre les motivations des femmes à se mettre au sport de combat.
La première raison est "pour se défendre". "Malheureusement, c’est un besoin de notre société actuelle, note Jacky Lebon, le fait de vouloir se défendre. Ce qui plaît aussi dans la pratique de beaucoup de sports de combat ou d’art martiaux c’est qu’il n’y a pas toujours de compétition. Les femmes, souvent persuadées que ce sont des domaines masculins, peuvent pratiquer sans stress et sans la pression des différentes catégories".

Le Quotidien / p. 15

Présidentielle : Vanessa Miranville soutient Marchandise, une anonyme

Son choix est fait. Vanessa Miranville a décidé de ne soutenir aucun des candidats les plus en vue de cette élection présidentielle. Toujours mal à l’aise avec les partis, son choix était restreint. Ni Mélenchon, ni Macron ou Alexandre Jardin l’ont totalement convaincu. C’est donc vers la candidate citoyenne issue de LaPrimaire.org que la maire de La Possession a décidé de se tourner.

Elue au terme d’un long processus par 130 000 internautes, Charlotte Marchandise est une Rennaise qui a près avoir frayé au Front de gauche et chez les Verts a décidé de rompre pour retourner vers la base de la démocratie. Un trip auquel Vanessa Miranville souscrit.

Le Journal de l’île /p.10

Prix National pour le Boeuf Moka

Le Boeuf moka sera à l’honneur ce jeudi au Salon de l’agriculture où il va recevoir le deuxième prix de la Fondation du patrimoine pour l’agrobiodiversité animale. Un nouveau pas vers la sauvegarde de cette race rustique et menacée.
"Le Boeuf moka, c’est l’histoire de la Réunion. C’est un patrimoine qu’il faut garder. Dans un département où il y a tellement de chômage, comment comprendre qu’on n’aide pas des paysans à s’installer ?" Ainsi parlait le président de le confédération générale des planteurs et éleveurs de la Réunion (CGPER) voici un an, venu apporter son soutien à un éleveur de l’Ouest propriétaire d’un cheptel de vingt têtes. Le prix que va recevoir ce jeudi cette race menacée devrait même du baume au coeur de tous ceux qui oeuvrent pour sa sauvegarde.

Le Quotidien / p.3