mardi 04 août 2020

Des médecins nazis aux fanatiques animalistes

La crise requin, qui n’en finit pas d’endeuiller La Réunion, présente ceci de particulier qu’elle suscite d’invraisemblables déversements anonymes de bile, pour ne pas dire de haine, sur le net et les réseaux dits sociaux. À tel point que les victimes - amis, proches et familles - des attaques de requins bouledogue et tigre en ont été longtemps sidérées, contraintes de se taire et de souffrir en silence, sous peine d’être elles-mêmes stigmatisées par les "autorités" de la répression morale.
Le rôle de Sea Shepherd, dans cette affaire, est particulièrement significatif de la pression qui peut être installée sur des sociétés par une poignée d’activistes et de fanatiques de l’écologisme, ou de quelque autre utopie sectaire.
Dès le début de la crise, ils ont ciblé les surfeurs en tant que groupe humain distinct du reste de la population réunionnaise, allant jusqu’à les insulter quand ils portaient le deuil de leurs proches.
Pour ces gens-là, peu fréquentables il est vrai, qui font du business sur fond de défense ultra-violente de la nature, la vie d’un homme vaut moins que celle d’un requin, et la pratique du surf présuppose le sacrifice de la vie humaine à cet animal qui incarnerait la toute puissance de la nature. Comme quoi, on peut être "vegan", soit végétarien militant, à l’instar de Paul Watson, et prôner le sacrifice humain sans perdre l’appétit.
C’est Sea Shepherd qui a posé les canons de la vulgate utilisée comme argumentaire à l’encontre de toute politique de sécurisation des sites de baignade et des spots de surf, avec comme fondement une opposition totale à toute politique de régulation des populations de requins, quitte à inverser les paramètres de la réalité, en faisant des drumlines la cause de la présence des requins.
Et ce baratin a servi de base à l’opposition d’une constellation d’associations virtuelles, ou redondantes, telles Sauvegarde des requins, Longitude 181, Aspas, Vague, Tendua, Fondation Brigitte Bardot, Requin Intégration, qui toutes sanctuarisent le requin à La Réunion, avec pour conséquence de désertifier nos rivages et plonger les activités touristiques et balnéaires dans un profond marasme.

Philippe Leclaire - Le Journal de l’île / p.3

Petits arrangements entre amis

On entend déjà ce que certains vont dire : " Le Quotidien s’acharne sur les élus, et toujours du même bord ! ". En réponse, nous préciserons que l’on respecte trop la politique pour pas en révéler les travers, quelle que soit leur couleur.
On ne roule pour personne sinon pour la bonne information du public.
Avant de faire la grande tournée des collectivités et de lever le voile sur quelques gabegies de droite et de gauche, relevons les excès de comportement, sinon de pouvoir, et les petits arrangements entre amis.
À force de tirer sur des ficelles, ce sont des pelotes d’anomalies en tout genre qui viennent à nous.
Comme ces " rebonds gagnants " de Sandra Sinimalé, sur lesquels Franck Cellier a enquêté durant plusieurs jours. Les révélations que cette enquête met au jour montrent à quel point il est facile pour certains de passer d’une collectivité à une autre. Qu’importe l’emploi et les compétences qui doivent lui correspondre.
L’impression que laisse ce vaste jeu de chaises musicales et financières, c’est que, chez ces gens-là, on n’a rien à craindre des lendemains. Il y a toujours une solution amie à la portée de téléphone.

Thierry Durigneux - Le Quotidien / p.3

33 élèves de l’école des Lilas à Paris

" Ils éprouveront des sensations que les livres ne peuvent leur fournir ", s’exclame le directeur de l’école des Lilas, évoquant le prochain voyage de 33 élèves de CM2 en métropole. Ce projet pédagogique est l’achèvement d’une cascade d’actions menées autour de la citoyenneté.
Ils s’envoleront le 14 mai prochain pour un séjour de 4 jours à Paris et 7 jours en Vendée. Cette " classe découverte - classe transplantée " encadrée par six adultes s’avère l’aboutissement d’une projet pédagogique entamé voici plus de deux ans par l’établissement de Sainte-Clotilde. Avec pour point d’orgue la visite de l’assemblée nationale - le palais bourbon - par la député dionysienne Monique Orphé.

Le Quotidien / p.22

Les coulisses de l’adoption de la loi égalité réelle

C’est ce 1er mars que devrait être promulguée la loi égalité réelle outre-mer.
Lors de la nomination d’Ericka Bareigts, une journaliste de France Ô demandait à la nouvelle locataire de la rue Oudinot comment s’appellerait cette loi sachant que Victorin Lurel et George Pau-Langevin avaient commencé à la porter. Le premier comme auteur d’un rapport de 400 pages, la seconde comme ministre des Outre-mer (même si elle n’y croyait pas). Et si c’est bien Ericka Bareigts qui l’a défendu devant les assemblées, la loi égalité réelle outre-mer a été, comme elle l’a soulignée elle-même, co-construite. Lors de son premier passage au palais Bourbon, le texte contenait 15 articles. Les députés l’ont fait évoluer à 116 articles. Au Sénat, si la commission des lois l’a quasiment réduite à peau de chagrin, le débat dans l’hémicycle a permis de le ramener à 140 articles. Sur ce total, Ericka Bareigts a revendiqué la paternité de 59 d’entre eux.
Le gouvernement n’a pas toujours été favorable à certaines dispositions pourtant très attendues. Ainsi, le "small business act", le FIP DOM, l’intégration du BTP dans les zones franches d’activités, l’exonération totale de TVA pour les petites entreprises jusqu’à un certain chiffre d’affaires, la scolarisation obligatoire de 3 à 18 ans, la représentativité des syndicats locaux ou encore la réduction des frais d’assiette de l’octroi de mer...
Au final, la commission mixte paritaire (CMP) Sénat/Assemblée nationale, à laquelle la ministre ne participait, a tout rétabli grâce à une collaboration inédite entre les deux rapporteurs généraux, Mathieu Darnaud (LR) et Victorin Lurel (PS).

Le Journal de l’île / p. 16

Les rebonds gagnants de Sandra Sinimalé

À Saint-Paul, une dizaine d’élus de la liste de Joseph Sinimalé ont su opportunément se trouver un salaire dans les collectivités amies. À ce jeu, Sandra Sinimalé fait figure de championne entre la Région et Didier Robert et le Centre départemental de gestion que présidait Thierry Vaïtilingom.
On peut toujours dire " qu’il n’y a pas d’emploi politiques " et que " tous les fonctionnaires embauchés à la Réunion le sont sur des critères d’expérience et de compétence ", mais il semble bien qu’un engagement politique peut booster une carrière. La lecture des listings de personnel des collectivités est révélatrice à ce propos. Lorsque le Quotidien s’intéresse ces dernières semaines au listing de la Région, les gendarmes effectuaient une réquisition sur le listing de la mairie de Saint-Paul. Signe d’une enquête préliminaire de l’intérêt que porte la justice à l’égard de la gestion de la commune sous la deuxième ère Sinimalé. Les dénonciations et plaintes ne manquent pas, notamment celles d’agents estimant avoir été sanctionnés au profit d’alliés de la nouvelle majorité.

Le Quotidien / p.4