mercredi 05 août 2020

L’affaire Knoll, cas d’école

La semaine de la presse à l’école permet de braquer le projecteur sur l’enseignement des médias.
Depuis de nombreuses années en effet, l’Education Nationale est acquise à l’idée que pour aiguiser l’esprit critique des jeunes ou le faire naître, la presse est un bon support.
Surtout quand les fausses informations et autres faits falsifiés inondent les réseaux sociaux, parfois même des sites d’info en ligne quand la presse écrite de n’y met pas, victime de plumes perfides qui n’ont pas leur place dans la profession.

Traquer l’erreur volontaire commise dans le but d’influencer les esprits est oeuvre de salubrité publique.
La semaine de la presse, en tant que temps fort de cet enseignement de l’information est donc, pour nous, un moment clé pour rapprocher ceux qui font de l’info, sans parti ni parti pris, professionnelle et non propagandiste, et ceux qui sont en position de la consommer.
L’idée d’ouvrir cette semaine avec le thème des fake news s’imposait. Et la question " Comment y résister ?" doit nous interpeller ;.
Les Assises du journalisme organisées il y a quelques semaines en métropole ont largement fait place à ce fléau et aux enjeux de la contre-attaque qu’organisent les médias sérieux.

Si l’on veut aller plus loin, dévisser la machine à faire de l’information, l’exemple de l’affaire Knoll nous vient à l’esprit. Car elle montre la difficulté pour les médias de respecter une approche rigoureuse et impartiale des faits, ou de faire entendre leur voix au milieu d’un tumulte d’approximations, d’affirmations, d’imprécations et de condamnations parfois hâtives.

En matière il faut se garder de donner la moindre leçon tant la vérification des faits est difficile. Après le meurtre extrêmement violent et sauvage de Mireille Knoll cette vieille dame juive, agressée à son domicile, dans l’immeuble social qu’elle habitait à Paris, lardée de coups de couteau puis à moitié calcinée dans l’incendie volontaire de son appartement, qu n’a-t-on entendu, vu et lu ?

Il est vrai que l’interprétation faite de ce crime, auquel on confère un caractère antisémite, vient de haut. De l’Elysée ou de Jupiter si l’on préfère.
"Le meurtrier de Mireille Knoll a assassiné une femme innocente et vulnérable parce qu’elle était juive" a acte en personne le président Emmanuel Macron mercredi 28 mars lors de l’éloge funèbre au colonel Arnaud Beltrame.