mardi 27 octobre 2020

Bumidom, un " rêve français "

Un bel avenir dans l’Hexagone : c’est le premier argument que " vendait " le Bumidom, Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer, à partir de 1963. En réalité, la création de Michel Debré était l’une de ces pompes aspirantes de main-d’œuvre destinée à combler les besoins d’une France en reconstruction et en manque cruel de bras. Au total plus de 260 000 Domiens ont migré dans l’Hexagone munis d’un aller simple, souvent payé par le bureau.

Souvent, la promesse d’une formation, d’un emploi se traduisait par un poste sans qualification assorti de conditions sociales difficiles que beaucoup découvrirent sur place, trop tard : l’isolement, la précarité, la discrimination dans une société qui venait d’être marquée par la guerre d’Algérie.
Le pouvoir national de l’époque cherchait aussi à contrer la volonté
d’indépendance qui faisait son chemin un peu partout dans les outre-mer.

Plusieurs foyers de révolte se sont allumés, il fallait donc d’urgence donner du travail à ceux qui, de Saint-Denis à Pointe à Pitre, n’avaient plus guère l’espoir d’en avoir.
Peu à peu, le Bumidom est contesté. Il n’échappe pas à la contestation de mai 68. Son antenne parisienne est saccagée, sur les murs des inscriptions sont taguées. : " A bas l’impérialisme français et ses valets " peut-on lire un jour.
Pourtant le Bumidom ne disparaît qu’en 1981.