mercredi 12 août 2020

Université : et si on votait un budget ?

C’est un peu le souk à l’Université de La Réunion, Frédéric Miranville, président en titre, n’arrive pas à faire voter le budget 2018 par son conseil d’administration. Le problème là-dedans, c’est que l’attelage qu’il forme avec Gilles Lajoie, a perdu de sa superbe et n’a pas réussi, lors du dernier conseil d’administration, fin décembre 2017, à atteindre le quorum !

Gilles Lajoie, président du Conseil académique n’en peut mais !

Jean-Pierre Chabriat, doyen de la faculté des Sciences, savoure sans doute ce retournement ironique de situation, lui qui fut victime en 2016, lors de la succession de Mohamed Rochdi, et au bout de trois tours de scrutin, du surprenant deal qui a vu Miranville (3 voix aux deux premiers tours), rafler 16 des 17 voix de Lajoie pour emporter la mise. Une victoire sur tapis vert qui a mis hors jeu le candidat Chabriat, qui avait quasiment fait jeu égal avec Lajoie sur deux tours. Si ce n’est que le temps des élections est passé et que la petite satisfaction du perdant n’est pas à la hauteur de l’enjeu qui porte sur un budget d’environ 130 millions d’euros, lequel concerne la bagatelle de plus de 1 000 personnels, dont plus de 400 enseignants, et environ 14 000 étudiants.

Inutile de rentrer dans la micro-géopolitique des syndicats de l’Université, c’est à y perdre son latin, reste que la machine est en panne et que sous 8 jours, si une solution n’est pas trouvée pour débloquer la situation et donc voter le budget, l’Université de La Réunion sera dans la m ! Le contexte inquiète tant localement qu’en métropole, et le ministère de l’Education nationale a dépêché son conseiller "Occitanie-Outre-Mer", l’expert Yves Guillotin, de la Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (DGESIP).

Il est difficile d’imaginer l’Université de La Réunion se sabordant par incapacité de voter son budget, mais l’hypothèse demeure et elle serait synonyme d’une disqualification morale de tous ceux qui auraient rendu la chose possible. Cet échec marquerait sans doute un retour en arrière dans la gestion des universités, avec une mise sous tutelle qui ne serait pas ans conséquence pour l’avenir. Le bilan de la première année du binôme

Miranville-Lajoie avait pourtant été positif et les réformes et innovations engagées laissaient augurer d’un réel gain de compétitivité par rapport aux années Rochdi. Rendez-vous au premier mars pour le conseil d’administration de la dernière chance.