samedi 08 août 2020

Je t’aime moi non plus

Quelle bataille a été la plus féroce en cette journée du 13 février ? Celle menée par l’homme perturbé la veille de la Saint-Valentin de ne pas avoir trouvé un cadeau pour sa dulcinée ? Celle de la femme qui s’interroge encore sur son choix et sur les intentions de son amoureux ? Les commerçants ont peut-être lu dans les yeux de certains une vraie détresse, dans d’autres le plaisir d’offrir...
Alors qu’un Réunionnais sur deux se préparait à fêter les amoureux, dans l’enceinte politique, il s’agissait plutôt de déclarer son désamour.

Au début du mois de février et après plusieurs semaines de silence, Didier Robert, président de la Région, s’était fendu d’un discours offensif évoquant la recomposition politique en cours sur le plan local voire national, ses projets ne semblent pas se réaliser comme il l’avait prévu. Lors de la présentation de ses voeux à la presse, Didier Robert, ex-Les Républicains s’est présenté porte-drapeau des progressistes laissant derrière lui beaucoup de ses amis de droite qu’il décrit comme des conservateurs restés dans le "vieux monde".

Plus encore, il a clairement déclaré partager des convergences de vues avec le Président Macron et son gouvernement. Et après avoir été reçu à l’Élysée fin janvier, il a préparé avec des équipes la venue d’Edouard Philippe, le Premier ministre, dans le département. Il ne lui manque que l’ancrage local. Le temps presse. La séance plénière du 16 février - vendredi prochain - enregistrera la démission de plusieurs vice-présidents touchés par le cumul de mandats.
Trois ancien membre de l’opposition régionale, Jean-Gaël Anda, Monique Bénard et Léopoldine Settama-Vidon ont fondé un groupe portant le nom de la République En Marche. Celui-ci a voté le budget de la majorité, acte politique synonyme de ralliement qui n’est pas passé inaperçu.
En veille de la fête de l’amour, est venu se glisser un air de "je t’aime moi non plus" entre Paris et La Réunion.

Bernadette Loubier - Le Quotidien / p.3