mercredi 25 novembre 2020

CHU : le plan est validé mais la grève continue

Le plan de redressement financier du CHU de la Réunion a été validé mercredi soir par le Copermo à Paris. Si Lionel Calenge, le directeur général du CHU de la Réunion, y voit “un signal fort de confiance et de responsabilité”, la CFDT va continuer la grève, estimant qu’il n’y a rien pour le personnel. Elle est rejointe par FO.

Cinquante millions d’euros ou plus ? L’enveloppe dont bénéficiera le CHU de La Réunion pour le bâtiment central du site de Saint- Pierre et pour le plan de retour à l’équilibre sera connu dans les jours qui viennent. Son plan de redressement a été validé.

C’est mercredi soir que le Comité interministériel de la Performance et de la Modernisation des établissements hospitaliers (COPERMO) a examiné́ la situation du CHU de La Réunion.

Un examen sur deux aspects : la reconstruction du bâtiment central du site Sud (Saint Pierre) et le plan d’action proposé par l’établissement au regard de sa situation financière dégradée.”Le COPERMO a rendu une décision finale favorable sur le dossier, présenté par l’ARS et l’établissement, de reconstruction du bâtiment central du CHU de La Réunion sur le site de Saint Pierre”, indiquent l’Agence régionale de Santé et le CHU dans un communiqué commun. “La ministre des Solidarités et de la Santé devrait annoncer prochainement une aide nationale à l’investissement pour contribuer à cette opération. Le soutien national s’accompagnera de recommandations sur le capacitaire et sur la nécessité de sécuriser le coût global de l’opération. Ce nouvel appui fait suite au soutien financier exceptionnel au fonctionnement apporté déjà par le ministère en août 2017 de 50 millions d’euros sur 4 ans pour la moitié́ en crédits pérennes”.

"On ne laissera pas faire"

L’ARS et le CHU l’indiquent encore : “Le plan de retour à l’équilibre 2018-2022 présenté par le CHU a été, par ailleurs, validé. Il doit être mis en œuvre sans délai. Le COPERMO sera ainsi très attentif au respect des engagements pris auprès de lui pour remettre l’établissement sur une trajectoire assainie et assumer pleinement sa mission à la Réunion et en Océan Indien”.

Pour Lionel Calenge, le directeur général du CHU, qui a écrit également à son personnel, cette validation est “un signal de confiance et de crédibilité adressé par le Gouvernement au dossier du CHU”, et une première étape importante dans son redressement. Toutefois, “ce soutien de l’Etat pour exceptionnel qu’il soit ne saurait, à lui seul, résoudre les difficultés financières majeures auxquelles le CHU de la Réunion est confronté́. En effet, s’il n’y a aucune fatalité au déficit, c’est avant tout sur les efforts collectifs de la communauté hospitalière que le défi de la transformation et de la performance repose”.

L’ARS Océan Indien affirme qu’elle suivra l’hôpital dans son engagement à dépasser ses difficultés financières et à mener sa modernisation au bénéfice des patients. Un point mensuel sera effectué par ses services. “La communauté médicale et les représentants des personnels seront sollicités en continu sur les grands choix stratégiques comme sur les étapes de mise en œuvre du plan”, attestent l’ARS et le CHU.

4e jour de grève

Ce plan de retour à l’efficience est “engageant et exigeant pour le CHU. Il est cependant indispensable pour dispenser durablement des soins de qualité à ses patients, moderniser l’établissement, et consolider son attractivité”, indique la direction de l’hôpital qui dit “avoir la volonté résolue, avec le soutien du conseil de surveillance et la position vigilante et responsable de la communauté médicale, de mettre en œuvre avec méthode et concertation ce Plan dans le cadre d’un dispositif de suivi avec l’ensemble des acteurs du CHU”.

Le COPERMO et l’ARS annoncent qu’ils seront très attentifs aux engagements pris pour remettre l’établissement sur une trajectoire de gestion rééquilibrée. “Un point semestriel sur l’état de mise en œuvre du plan d’action et ses effets sur le suivi de la situation financière du CHU sera assuré à cet effet au niveau national. Ce suivi renforcé permettra notamment au COPERMO de piloter le versement des aides nationales en fonctionnement consenties en contrepartie de l’effort de redressement accompli par le CHU lui-même”, conclut le communiqué commun.

A la CFDT, on a bien pris note que l’argent sera donné mais il reste l’autre condition : les suppressions de postes et de lits. “On ne laissera pas faire”, affirme Expédit Lock-Fat secrétaire général du syndicat Santé Sociaux CFDT Réunion.

Le piquet de grève a été maintenu hier et les agents hospitaliers seront à nouveau mobilisés aujourd’hui. C’est sur leur temps de repos qu’ils font grève afin d’assurer la continuité des soins. La direction a réquisitionné du monde, "plus que d’habitude". Aujourd’hui, ce sera le 4e jour de grève. Dans le collimateur de la CFDT qui a déposé le préavis, il y a les suppressions de lits et de postes qui se profilent. "Les départs à la retraite non remplacés, c’est du bla bla", selon M.Lock Fat. FO a décidé de rentrer dans la lutte et a déposé un préavis de grève pour le 7 février.

En attendant, des actions communes ne sont pas à exclure. "On est content d’être rejoint et on va se battre. On sait que ça va être dur pour le personnel du CHU", ajoute le secrétaire général de la CFDT Santé sociaux, amer contre certains politiques qui avaient soutenu le personnel lors de la grève de 2017.

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