mercredi 05 août 2020

Didier Robert en patron

Nous qui nous étonnions à haute voix de l’absence de toute communication du président de Région après le passage de Berguitta, avons été servis hier.
C’est un Didier Robert offensif qui a présenté des voeux souvent en forme de scuds.

Bien présent cette fois, et plutôt remonté, il a renvoyé a plusieurs reprises certains élus à leurs responsabilités. Didier Robert a tracé lui-même la limite qu’il ne voulait pas franchir en précisant à l’auditoire de journalistes qu’il ne s’inscrivait pas "ici en donneur de leçons’. Disons qu’il a un peu tangenté avec cette tentation.

En revanche, certains ont eu droit à de vraies remontées de bretelles.
Au fond, le président de la plus puissance collectivité de La Réunion s’est présenté en patron, parsemant son intervention de reproches, de critiques, indiquant le cap et appelant au rassemblement et à l’union.
La séquence de mises au point a commencé par l’après-Berguitta.
Le président de la Région Réunion a rappelé que "depuis 2015, la Région a mobilisé plus de 22 millions de fonds européens pour accompagner les communes des la gestion du risque inondation. À ce jour, seuls cinq dossiers ont été déposés, aucun dans le Sud. La notion de responsabilité est clairement posée."

On attend avec gourmandise les réactions de ceux qui étaient visés et auxquels Didier Robert a proposé que l’État, la Région, le Département, les communes s’engagent à mobiliser les moyens nécessaires pour identifier les points de fragilités et pour engager les investissements nécessaires face aux risques de crues, de glissement de terrain et d’inondations. Pour finir avec un cinglant " et ne pas attendre le jour de la catastrophe pour s’exprimer."
Il faut croire que le bertel des communes et intercommunalités paresseuses n’était pas encore plein. Didier Robert a poursuivi sa démonstration, et de l’engagement de la Région, et d’une certaine passivité pointée dans les collectivités, avec des chantiers routiers.

Thierry Durigneux - Le Quotidien / p.3