jeudi 13 août 2020

Bareigts au soutien des Ehpad

La députée a visité hier l’Ehpad de Saint-Francois d’Assise qui reçoit à Saint-Denis près de 80 personnes âgées en situation de dépendance.

C’est l’illustration par l’exemple du terrain. Pour évoquer un thème qui lui est cher, Ericka Bareigts a visité hier l’Ehpad de l’Association de Saint-Francois d’Assise. L’établi-ssement dionysien dispose de 80 lits dont 12 pour son unité "Alzheimer". D’impor-tants travaux de réhabilitation, réalisés en 2015, en font aujourd’hui un lieu agréable et accueillant. Oui mais voilà, la structure, qui fonctionne sous le modèle de "l’associatif privé", man-que de personnel. Et la fin programmée des con-trats aidés n’arrange rien. Une quarantaine d’encadrants travaillent ici. "Cela fait 0,5 encadrant par personne âgée accueillie", note Cyril Arbaud, le directeur de l’établissement, "et c’est encore trop peu. Dans les établissements qui accueillent des personnes handicapées, par exemple, le taux d’encadrement est de 1 encadrant pour 1 pensionnaire. On ne comprend pas toujours ce qui justifie cette différence de traitement". Il pointe du doigt le risque que certains Ehpad choisissent "d’accueillir en priorité des personnes qui ont les moyens de payer leur hébergement". "Nous ne voulons pas en arriver là", poursuit-il, "mais oui, le contexte est compliqué". Cette visite de la députée fait écho à un calendrier très chargé. Ce mardi a lieu un mouvement national des syndicats pour dénoncer une situation où le suivi des résidents des Ehpad se complique. Et puis, une très attendue réunion de la Caisse Nationale de solidarité pour l’autonomie a lieu jeudi. Cet organisme est chargé de financer les aides en faveur des personnes âgées dépendantes.

A Paris, il sera question d’une dotation supplémentaire de 800 000 euros pour la Réunion, qui compte 16 Ehpad. Une sommes qui doit être étalée sur la période 2018-2022. "Et c’est tout l’enjeu des discussions. Je suis contre cet étalement", dit Ericka Bareigts, "ces 800 000 euros, il les faut maintenant, et d’un seul coup". Une telle enveloppe permettrait la création immédiate de 15 nouveaux postes dans les Ehpad de l’île. La Réunion compte 65 000 personnes âgées. Elles seront 220 000 en 2040. "Notre île va devoir faire face à un taux de vieillissement de sa population qui sera l’un des plus élevés du monde", assure Ericka Bareigts, "plusieurs questions se posent alors à nous. Comment fait-on pour repousser au maximum la dépendance ’ Et comment bien vieillir dans la société réunionnaise ’ Le prochain Plan Régional de Santé prend très mal en compte ces problématiques". Selon les prévisions, la Réunion aura besoin de 6000 places supplémentaires en Ehpad à l’horizon 2030.

"Il faudra qu’on nous explique comment ce sera possible sans construire de nouveaux établissements", note l’ancienne ministre des Outre-mer, "il n’est pas question de rattrapage avec la métropole. Les situations sont incomparables car notre démographie est totalement différente. On ne pourra pas toujours se reposer ici sur la solidarité familiale, qui s’étiole ; tout comme comme on ne peut pas opter pour le "tout établissement". Pour les personnes âgées qui se retrouvent en situation de dépendance, il faut ouvrir l’éventail des éventualités. L’enjeu, c’est de travailler en amont pour que l’on puisse chiffrer avec précisions nos besoins."

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