mercredi 05 août 2020

Les Djihadistes, les femmes et les enfants

Fabien et Jean-Michel Clain sont de retour. Pas directement, pas physiquement, mais l’ombre des deux réunionnais parmi les djihadistes les plus recherchés de la planète plane de nouveau en France.

Une ombre inquiétante alors que Daech, l’acronyme du groupe état islamique, est en pleine débandade militaire dans la zone irako-syrienne.
Ils avaient surgi en pleine lumière en étant identifiés comme les voix de Daech revendiquant les attentats de Paris. L’un, Fabien se réjouissant du massacre, rendait hommage aux assassins et promettait à la France que cela n’était qu’un début. L’autre, son cadet, en arrière fond sonore de ce sinistre enregistrement.
Depuis quelques semaines, les deux frères sont de nouveau sous le feu de l’actualité. Directement puisque la voix de Fabien Clain a de nouveau été identifiée sur un enregistrement de propagande de l’état islamique. Indirectement également puisqu’un de leurs neveux par alliance Kevin Gonot, ainsi que le mari de leur demi-soeur Amélie, Mohamed Megherbi, ont été arrêtés par les forces Kurdes à proximité de la frontière turque.

Sur les six djihadites faits prisonniers ce jour-là par les unités de protection du peuple kurde, nos alliés dans cette qui désormais se font massacrer par l’armée turque - deux sont donc de la famille Clain, trois autres, Thomas Barnouin, Thomas Collange et Romain Garnier étant des proches des réunionnais.
Et l’on se rend compte à cette occasion combien ce cancer du djihadisme s’est répandu dan cette famille qui fut longtemps catholique pratiquante.
Même la mère de Fabien, Jean-Michel, Anne-Diane et Amélie Clain s’est à son tour convertie, emmenée dans ce tourbillon meurtrier par ses propres enfants.
Aujourd’hui ils seraient 21 membres de la famille Clain a être partis en Syrie dont 13 enfants. Et la photo de famille de Jean-Michel Clain posant avec sa progéniture que nous publions aujourd’hui fat résonner lugubrement ce que déclarait l’état islamique en pleine déroute militaire après avoir perdu la ville de Manbij en Syrie : "Nous avons perdu une bataille, mais nous avons gagné une génération qui connaît son ennemi."

Hervé Chossat - Le Quotidien /p.3