mercredi 05 août 2020

De l’orage dans LR

On a finalement trouvé bien plus violent que les batailles autour des pots de Nutella en promotion. Les Républicains tenaient ce week-end leur Cconseil national. Une sorte baptème du feu pour Laurent Wauquiez, le nouveau taulier, confronté à la fragile unité de son parti. C’était écrit sur les affiches : "La droite est de retour". Oui… Alors, pas tout de suite, hein. Parce que clivant, prétentieux et trop occupé à courir après l’extrême droite, Wauquiez est déjà fortement contesté dans ses rangs. Sa position semble plutôt claire : parce que l’électorat centriste est parti chez Macron pour ne plus revenir, le seul couloir qui lui reste est donc la ligne dure. La stratégie du repli. Un raisonnement désuet, promesse d’un grand échec électoral, et qui transforme LR en sulfureuse pétaudière.

Sorte de Parlement du parti, le Conseil national a samedi entériné la composition de plusieurs instances stratégiques. Le message est limpide. On résume grossièrement mais l’idée est là : moins de "centristes" et plus de "Le Pen compatibles". Le seul rassemblement que Wauquiez a finalement réussi à faire est le rassemblement de ceux qui pensent exactement comme lui. Les opposants crient à la purge. Il est vrai que de Chirac à Sarkozy, aucun patron de la droite n’a jamais été si radical. Huée quand elle plaidait le concept des "deux droites", Valérie Pécresse est partie sans assister au discours de clôture de Wauquiez. Ambiance. Dans le public, ça sifflait, ça hurlait. C’était du niveau des "On est chez nous" entendus dans les meeting de Marine Le Pen. Le parfait divorce illustré entre deux camps définitivement irréconciliables. Ceux qui réclament des idées claires contre ceux qui dénoncent une dérive droitière de la ligne politique. Ce Conseil national aura montré au grand jour un parti rabougri et à bout de souffle. Même avec tous ses défauts, la République en Marche est tranquillou pour au moins dix ans. La photo de "famille" du premier rang est sur ce point absolument parlante. Elle vend du rêve ! Un affichage de modernité et de diversité… À peu près 3000 ans de mandats politique cumulés au sur quelques sièges. Laurent Wauquiez était assis entre Gérard Larcher et Edouard Balladur. Oui, Edouard Balladur…

Lukas Garcia - Le Journal de l’île / p.3