mardi 24 novembre 2020

PARTOUT, DES SIGNAUX ROUGES

Le procès en appel du pompier Nirlo, qui s’ouvre ce matin aux assises, va faire revivre à La Réunion une des plus tristes époques de son histoire récente. Plus de 3 500 hectares de végétation étaient partis en fumée durant ces incendies criminels à répétition en 2010 et 2011. Cette catastrophe a laissé d’autres traces que celles des cendres et des majestueux tamarins calcinés sur le massif du Maïdo. On se souvient aussi de ce sentiment d’impuissance face aux murs de feu qui dévoraient le patrimoine réunionnais. Et cette funeste décision de Claude Guéant, alors ministre de l’Intérieur, de ne pas envoyer le Dash avant de se déjuger en quelques jours, sur ordre de Nicolas Sarkozy, qui avait enfin compris l’ampleur des dégâts et entendu les cris révoltés d’Huguette Bello suivie par d’autres élus.
Avocat madré, habitué à ruser avec les événements et les non-dits, Me Georges-André Hoarau, l’avocat du pompier Nirlo, a bien l’intention d’utiliser ces failles dans la protection du Maïdo pour tenter de sauver le sort de son client. Ces deux incendies du Maïdo ont ravivé une nouvelle fois cette impression récurrente d’éloignement de la métropole.
À deux mois de l’élection présidentielle, ce rapport complexe à la métropole et au pouvoir occupe encore une fois tous les esprits. Vu d’ici, un bon candidat n’est pas forcément celui qui a le meilleur projet pour la nation entière mais celui qui n’oublie pas l’outre-mer en général et La Réunion en particulier.

Jérôme Talpin - Le Journal de l’île / p.3