lundi 10 août 2020

Aide toi, la ministre t’aidera

Les contrats aidés n’ont pas fini de rester en travers de la gorge de nos élus. Eux qui manifestaient en août, écharpe ou ceinture tricolores bien en vue contre la suppression de deux tiers des 24 000 contrats accordés en 2016.
Eux qui ont fait le siège de la ministre des outre-mer, pour lui soutirer une pincée de sucre dans la rozamèr. En tout, 300 contrats supplémentaires accordés par Annick Girardin, après le millier octroyé à la suite de la mobilisation des maires. Si l’on fait les comptes, je te retire 18 000 contrats aidés et je t’en rajoute 1300, limités à une durée de six mois, ce qui interdit toute formation.

Dernier pacte : plus le dispositif du tout en 2018. Soyez créatif, préconise le gouvernement à l’adresse des élus réunionnais !
Pendant ce temps, la Martinique, obtenait fin septembre le maintien de son quota et la Guadeloupe idem il y a trois jours.
Les deux collectivités antillaises 400 000 habitants chacune, ont reçu l’assurance de pouvoir compter sur un quota, en 2017-2018, identique à celui de l’année passées.
Là-bas, dans les Caraïbes, les élus ont plutôt la banane. La décision ministérielle ne peut que satisfaire les élus de la Guadeloupe qui l’avaient aussi menacé de boycotter les Assises des Outre-mer.
Ces menaces ont-elles fait trembler la rue Oudinot ? Ou l’effet Maria, l’ouragan qui a succédé à Irma, ont-ils été de solides avocats du maintien des contrats aidés ? Rien en tout cas ne devrait nous inciter à réagir par jalousie envers les domiens de l’Atlantique.

D’abord parce que les nombres parlent d’eux mêmes. 3000 contrats aidés pour la Martinique, autant pour la Guadeloupe. Ces deux territoires totalisent environ 800 000 habitants une démographie comparable, dans sa composition également, à celle de notre île. Du coup, La Réunion serait ramenée toute proportion gardées, au niveau des départements martiniquais et guadeloupéen qui ne sont guère mieux lotis que nous sur le terrain de l’emploi avec une moyenne de 20% de chômage.
Si les contrats aidées sont "structurels" à La Réunion, comme l’a dit hier le maire de Saint-Joseph, ils ne doivent pas l’être beaucoup moins là-bas ;. D’autant que, les Antillais aussi, sont priés de réfléchir à d’autres formules plus pertinentes du point de vue de l’intégration au monde du travail.

Thierry Durigneux - Le Quotidien / p.3