lundi 10 août 2020

Bientôt des puces sur les poubelles

Dans le cadre de son projet de territoire, la Cinor s’attache à réfléchir à la future gestion de ses déchets. Elle s’apprête à renégocier son marché de la collecte des déchets ménagers début 2018. Un marché à 66 millions d’euros sur 6 ans. Il va venir s’intégrer à la réalisation de la nouvelle usine de retraitement qui doit sortir de terre en 2019. Objectif, faire baisser le coût des déchets tout en incitant les contribuables à mieux trier grâce à la mise en place de puce sur les poubelles.

Le président de la Cinor Gérald Maillot a toujours affiché son combat pour l’environnement. œEn 2014, ce projet n’était pas une simple priorité, mais une urgence ’, rappelle-t-il.

En mars 2018, l’intercommunalité du Nord s’apprête à renégocier son marché de la collecte des déchets ménagers. Un marché conséquent puisqu’il s’élève à 66 millions d’euros sur les 6 prochaines années. Ce nouveau marché va en chevaucher un autre avec la construction de la nouvelle usine de retraitement des déchets qui doit s’installer sur le territoire de Sainte-Suzanne - près de l’actuel site d’enfouissement des déchets - en 2019. Et pour éviter de faire payer toujours plus aux contribuables, les services de la Cinor s’apprêtent à tester un nouveau service révolutionnaire : la redevance incitative grâce au numérique.

œJe ne veux pas taper une nouvelle fois sur les usagers. La nouvelle usine et le nouveau contrat de collecte vont coûter très cher et je ne veux pas augmenter les taxes pour les contribuables ’, explique en préambule Gérald Maillot. Pour faire baisser la note, la Cinor doit faire baisser le taux de déchets par ménage. En mettant en place la redevance incitative, la collectivité veut inciter les usagers à réfléchir en amont au traitement des déchets.

Comment ça marche ’ œNous allons placer des puces sur les poubelles ’, précise Gérald Maillot. L’idée est de faire payer, non plus au poids, mais à la levée les usagers. œSi un usager ne met que deux fois sa poubelle devant chez lui, il ne sera taxé que sur ces deux levées. ’ Tout une logistique est actuellement en cours de réflexion. œNous allons cibler des quartiers tests car nous voulons diminuer le coût des déchets. ’ Pour les immeubles collectifs d’habitations, il faudra patienter pour l’application de ce nouveau procédé, mais l’idée d’enterrer les containers fait son chemin.

Car la Cinor doit aller vite. Le ministère de l’Ecologie a déjà annoncé son intention d’augmenter significativement la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP). œIl s’agit de dissuader la mise en décharge et inciter à recycler davantage. J’y travaille notamment dans le cadre de la feuille de route sur l’économie circulaire, que nous présenterons en 2018 ’, expliquait à la mi- septembre le ministre de l’Ecologie, Nicolas Hulot.

La Cinor table sur une TGAP à 70 euros (contre 40 euros aujourd’hui) la tonne pour éviter l’enfouissement qui arrive à saturation. Pour avancer plus vite, la Cinor a acté la construction d’une usine de retraitement des déchets capable de faire le tri, le compostage et la confection de combustible solide sur le même site. œNous sommes sur un marché de conception, réalisation, exploitation et maintenance ’, confie le président de la Cinor. Une première en Europe à l’écouter.

Les négociations sont très avancées avec le groupe Suez. œC’est l’entreprise qui possède aujourd’hui l’arrêté préfectoral de gestion de déchets autre que l’enfouissement ’, avance-t-il. Un partenariat qui devrait se faire sous la forme public-privé.

Toujours dans cette quête de l’économie, la Cinor a déjà identifié le foncier à Sainte-Suzanne susceptible d’accueillir la nouvelle usine en 2019. œLa grande économie va être réalisée sur le foncier. 50 hectares sont condamnés à la Jamaïque et 50 hectares à Sainte-Suzanne avec l’enfouissement. L’usine a besoin de15 à 20 hectares pour les 40 prochaines années. ’ Pour la Cinor, l’objectif est tenu avec la réalisation de ce projet en moins de 6 ans et pour moins de 100 millions d’euros.

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