jeudi 22 octobre 2020

"On ne lâchera rien !"

Les syndicats se félicitent de la mobilisation d’hier matin, se réjouissent de l’unité retrouvée et promettent de poursuivre le mouvement de contestation.

Combien étaient-ils, entre le Petit-Marché (rue du Maréchal-Leclarc) et le Square Labourdonnais (face à l’hôtel de préfecture) à dire leur ras-le-bol - sur fonds de maloya et de séga - dans un joyeux brassage de banderoles, étendards, pancartes et tee-shirts bigarrés ? 3 000 selon certains, 2 500 pour d’autres, 1 500 seulement d’après les sources gouvernementales. Il n’est jamais facile, sur ce type de rassemblement, de se faire une idée précise de la participation, mais comme le souligne Pierrick Ollivier (pour la CGTR) "au-delà de la bataille des chiffres, il y a, indéniablement, aujourd’hui un élément de rapport de force qui se construit et cela est de bon augure."

Un rapport de force d’autant plus prometteur, selon lui, que désormais il s’inscrit dans une unité syndicale retrouvée. "Ces temps derniers, nos rangs ont été ébranlés, notamment à l’heure de discuter de la loi Travail. Mais nous faisons la démonstration aujourd’hui que nous sommes capables d’aller au-delà de quelques divergences. C’est important, à l’heure où se profilent de lourdes menaces. Cette unité doit se construire tous les jours, nous nous y employons et le démontrerons en d’autres occasions encore, en particulier dans le cadre des Assises de l’Outre-mer en novembre prochain" commente Jean-Pierre Rivière (CFDT).

"Entraîner l’ensemble du monde du travail"

À l’heure où les classes laborieuses (aussi bien celles du secteur public que celles du secteur privé) sont attaquées de toutes parts, l’union s’impose plus que jamais. "Pour se faire craindre et respecter du patronat et du gouvernement, et inverser le rapport de force, il faut se préparer à un grand mouvement, à une lutte généralisée qui entraînerait l’ensemble du monde du travail," préconise Jean-Claude, militant de longue date de Lutte Ouvrière. "Fonction publique et secteur privé doivent conjuguer leurs efforts" insiste cet autre habitué des manifestations, impatient de remettre le couvert pour une nouvelle journée de mobilisation, surtout que le calendrier va connaître une accélération dans les jours à venir. Ainsi, pas plus tard que ce jeudi seront abordées les prochaines réformes sociales, en particulier celle de l’Assurance-chômage.

Rester mobilisé et faire bloc : tel est, désormais, l’incontournable mot d’ordre, l’impératif indispensable face à un Gouvernement qui, sans complexe aucun, déclare favoriser le capital et les plus riches. "Il faut lutter encore et encore, coude à coude, pour défendre les acquis de 1938, 1945, 1968. Jupiter-Macron nous a déclaré la guerre, nous sommes prêts à monter au combat." promet Max Banon.

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