mercredi 28 octobre 2020

Tartuffe au féminin pluriel

Amaury de Saint-Quentin, préfet de La Réunion, a réuni hier un comité de pilotage pour faire état des actions engagées pour prévenir les violences faites aux femmes et protéger les victimes de leurs tortionnaires. Un point fait en présence du recteur, des représentants de la Région et du Département, Police et Gendarmerie, magistrats… parlementaires. En une telle circonstance on aurait pu espérer des participants à ce conclave respect pour les victimes, dignité dans les comportements.

Ce ne fut hélas pas le cas. Certain parti politique, le LPA en particulier, ne respecte rien ni personne. Le président dudit mouvement est coutumier de l’outrance et du mensonge, capable d’utiliser les pires ressorts de la vilenie pour satisfaire ses ambitions, faire pression sur ceux qui ne se plient pas à ses caprices ou lui renvoient sa vérité au visage. Le JIR en fait partie, qui poursuit actuellement Thierry Robert pour incitation délibérée à la haine raciale. Invité par le préfet à ce comité de pilotage, Thierry Robert s’est fait remplacer par sa suppléante, Marie-Rose Won Fah Hin, par ailleurs conseiller régional LPA, et directrice générale de l’AURAR ; une association pour le moins extraordinaire… tant elle est riche à millions, et prospère sur fonds publics dans un angle mort de l’économie de la Santé. Mais il s’agit là d’un autre sujet sur lequel nous reviendrons. Madame Won Fah Hin, ès qualités de parlementaire eût été bienvenue d’assumer son rang et de se hisser au niveau requis par le drame humain dont il était question…

Que neni, Madame Won Fah Hin a cru bon de régler ses comptes avec le JIR, qui s’occupe de ce qu’elle considère être ses affaires privées, avec un butin de 22 millions d’euros, quand il s’agit de Santé publique, d’intérêt général et non point d’un business ordinaire, pour "juteux" qu’il soit. Elle a donc profité de cette tribune pour accuser la Région de financer le sexisme et la dégradation de l’image de la femme en ayant répondu positivement à la demande de subvention de notre entreprise. Elle a en fait dupliqué le discours, d’une rare hypocrisie, déjà tenu par cette autre élue régionale LPA qu’est Karine Nabénésa, complice politique de Thierry Robert, et salariée de la mairie de Saint-Leu ; donc doublement subordonnée à Thierry Robert qui était il y a peu encore maire de Saint-Leu, et qui continue d’y siéger en tant que conseiller municipal et porte-parole du conseil municipal, pour ne pas dire maire-bis. Madame Nabénésa, comme Mme Won Fah Hin, sont bien mal venues d’attaquer le JIR et l’Edito de Jacques Tillier, en taxant ce titre et sa rubrique - qui use de la convention satirique, d’où une liberté de style et de ton, fort éloignée de la presse de patronage ou du culte de la personnalité auxquelles elles sont habituées - de sexiste et violent. Extrêmement mal placées aux côtés d’un homme politique dont elles cautionnent les pires errements, notamment vis-à-vis des femmes.

A commencer par Madame Nabénésa qui n’a jamais exprimé la moindre condamnation morale ou politique à l’encontre de Thierry Robert, dont les nervis, hommes et femmes, ont violemment agressé une des journalistes du JIR et de Clicanoo, devant la Préfecture, le samedi 15 septembre 2012, lors d’un point presse. Un confrère du Quotidien qui a tenté de prendre la défense de notre journaliste, ce qui l’honore grandement, a été rossé d’abondance, jeté au sol, roué de coups. Madame Nabénésa, vous ne pouvez jouer les vertus offensées. Votre silence vous a rendue complice. Votre subordination politique et salariale vis-à-vis de Thierry Robert vous a disqualifiée et continue de le faire.

Quant à Mme Won Fah Hin, qui a repris le discours incriminant de Karine Nabénésa, avec autant de mauvaise foi, dans l’espoir de jeter aux chiens tout à la fois un journal qui n’est pas à ses pieds et un adversaire politique, dont elle n’hésite pas à solliciter les subventions en tant que directrice générale de l’AURAR, elle serait bien inspirée de veiller à la sécurité et au bien-être des femmes dans son "association" multimillionnaire. Il est des femmes qui y ont subi des propos et traitements dégradants dans une indifférence générale. On ne s’oppose pas impunément à des personnes de qualité quand on est une femme dans un emploi supposément "subalterne". Et en termes de ressources humaines, on passe facilement de la case mauvais traitement, à la case dépression, puis solde de tout compte. Seul le silence met en abyme cet état de fait.

On ne peut donc rien reprocher à l’extraordinaire Madame Won Fah Hin, mais on peut l’inciter à témoigner un peu de pudeur dans ses fonctions électives, l’adjurer de ne pas mélanger les genres et de ne point confondre l’écurie LPA et la cause des femmes violentées ou malmenées par des Cromagnon qui sont ivres de leur puissance physique. L’argent, les relations, n’autorisent pas tout. Et nous vous dirons votre fait, Madame Won Fah Hin, en dépit de vos millions, de votre entregent. Avec votre partenaire de parti, vous avez hier démontré que Tartuffe se déclinait au féminin pluriel.

Philippe Leclaire - Le Journal de l’île / p.3