mercredi 12 août 2020

Maurice : et maintenant le hub universitaire

Après le pouvoir de l’avion, celui du transport maritime, voici poindre à Maurice, le pouvoir de l’intelligence. En développant son projet " knowledge hub " véritable plateforme régionale de l’enseignement supérieur visant l’excellence, notre voisin donne à sa volonté de puissance, bien légitime pour un État, des moyens supplémentaires.

Sous le nom de code Medine, c’est une machine de guerre économique qui se met en place sous nos yeux, avec l’assistance de la France. Les partenaires institutionnels de cet ICSIA, pour International Campus for Sustaible and Innovative Africa, se nomment en effet Centre, Essec, Université Paris-Descartes, Université Panthéon-Assas, au total sept établissements et grandes écoles forment un petit bataillon d’élite universitaire française.

S’il y a scandale, il n’est pas dans ces partenariats internationaux. Après tout, depuis la loi sur l’autonomie des universités, ces ouvertures sur l’étranger leur sont permises, a fortiori quand il s’agit d’écoles supérieurs de statut privé.
Ce qui choque nos politiques c’est plutôt l’attitude de la France. On n’est pas loin de crier à la trahison quand des élus, et pas des moindres, estiment que le concours du gouvernement, ou son assentiment dans la réalisation de notre concurrent universitaire, sacrifie les intérêts de la Réunion et de Mayotte.

Aussi bien Ericka Bareigts que Younous Omarjee perçoivent les risques que fait peser ce super-campus sur notre Université. Ils y voient à quelques nuances près, les dangers de l’affaiblissement de l’université de La Réunion, la fuite des étudiants vers Maurice, le déclin de l’attractivité de notre université sur le plan international et même la ruine de 20 années d’investissement en faveur de l’université de La Réunion.

Thierry Durigneux - Le Quotidien / p.3