mardi 24 novembre 2020

Les contrats courts débouchent peu sur des CDI

L’Insee a présenté mardi les résultats de son enquête sur la formation et la qualification professionnelle. L’institut de statistiques a comparé le marché du travail en 2009 et en 2014, alors que La Réunion était frappée de plein fouet par la crise économique mondiale.

Globalement, les frontières sont quasiment étanches sur le marché du travail réunionnais : quand on est chômeur ou inactif, on a de très grandes chances de le rester sur le long terme. Les Réunionnais sont nombreux à enchaîner les contrats courts et les périodes de chômage, mais ont beaucoup de mal à trouver un emploi stable.

Enseignement principal : bien plus qu’en métropole, difficile de retrouver du travail à La Réunion quand on passe par la case chômage. En cause, un marché de l’emploi restreint avec un taux de chômage deux fois plus élevé qu’au niveau national et une part importante d’inactifs. Résultat, 67% des chômeurs de 2009 étaient toujours sans emploi en 2014. Les chances de retrouver un poste sont encore plus fluctuantes selon l’âge du demandeur d’emploi : les moins de 30 ans sont 35% à avoir retrouvé un emploi en 2014 alors que les 45-54 ans ne sont que 13%. Catégorie la plus stable : les non salariés, comprenez les indépendants, les chefs d’entreprise et les libéraux, qui sont 80% à avoir pu préserver leur emploi en 5 ans.

Deuxième enseignement : les contrats courts (CDD, contrats aidés, intérim...) n’aboutissent pas ou peu à un emploi pérenne. Seul un tiers des salariés en contrat court décrochent un CDI, c’est 12 points de moins qu’en métropole. Parmi les salariés en contrat court en 2009, 37% sont au chômage en 2014 et 26% sont toujours en contrat court. œPour décrocher un CDI, les salariés en contrat court doivent faire preuve d’une forte mobilité professionnelle en enchaînant les périodes d’activité et de chômage, cumulant ainsi les contrats courts chez différents employeurs ou en changeant souvent de secteur d’activité ou de métier ’, souligne l’Insee. Pire, les contrats courts ne sont quasiment jamais embauchés en CDI chez un employeur.

Enfin, la progression existe très peu sur le marché du travail local : les promotions sont rares et n’ont concerné que 9% des salariés. Moins de 15% des ouvriers et des employés ont pu passer dans la catégorie sociale supérieure entre 2009 et 2014. Les emplois les plus stables se retrouvent dans l’industrie et le commerce. À l’inverse, dans la filière du BTP, très durement touchée par la crise, seuls 58% des salariés ont pu préserver leur emploi entre 2009 et 2014. Il faut dire que 2 800 emplois ont été détruits dans ce secteur en 5 ans.

Le Journal de l’île / p.11