samedi 31 octobre 2020

Contrats aidés : les premières annonces inquiètent l’AMDR

Alors que l’association des maires attend au minimum entre 8 et 10 000 contrats pour la Réunion pour le second semestre, l’Etat a annoncé le déblocage de 12000 contrats aidés pour l’ensemble de l’Outre-mer. Le compte n’y est pas pour l’AMDR qui n’exclut pas de manifester de nouveau.

Dans un communiqué signé par les ministres du travail, de l’éducation nationale et de la Cohésion des territoires, le gouvernement a annoncé vendredi avoir relevé le nombre de contrats aidés de 30 à 40 000 contrats supplémentaires pour porter le total entre 310 et 320 000, "là où le précédent gouvernement n’avait budgété en 2017 que 280 000 contrats à comparer aux 459 000 en 2016".

L’augmentation doit permettre de "faire face à l’urgence" jusqu’à la fin de l’année et avec quatre secteurs prioritaires : l’éducation nationale (élèves en situation de handicap) avec 50 000 contrats, l’outre-mer avec près de 12 000 contrats pour le second semestre, l’urgence sociale et l’urgence sanitaire. Sur le fond, l’Etat rappelle qu’il compte réorienter la politique de l’emploi vers des "outils capables de sortir durablement les personnes les moins qualifiés du chômage" et annonce un plan de 10 milliards d’euros sur la formation dès l’année prochaine en parallèle à une refonte de l’apprentissage. Les contrats aidés seront recentrés "sur les publics les plus éloignés de l’emploi".

Toujours dans l’attente du détail du quota qui sera alloué à La Réunion pour le second semestre, le président de l’Association des maires de La Réunion (AMDR), Stéphane Fouassin, se dit inquiet : "12000 contrats pour l’Outre-mer, c’est ridicule. Nous demandons 10 000 contrats pour la seule Réunion, 8 000 au minimum après le déblocage de 2 800 contrats à la rentrée".

Au-delà du fonctionnement des communes, il prédit des difficultés "pour les associations, mais aussi pour les entreprises privés, pour la poursuite des chantiers de l’ONF, pour les emplois verts de La Région... Cette enveloppe englobe tous les types de contrats pour les collectivités comme pour le privé". En 2016, la Réunion avait bénéficié de 24 035 contrats aidés.

"Au premier semestre, nous avons obtenu 11 245 contrats, nous attendons la même chose pour le second". Le maire de Salazie s’inquiète également du type de contrat qui sera alloué : "A savoir des contrats de 6 mois contre un an jusqu’à présent".

Il juge la méthode brutale : "Nous sommes mis sur le fait accompli, il y a un problème organisationnel, le gouvernement veut supprimer les contrats aidés ’ D’accord, mais qu’elle alternative donne t-il ’ Ici nous n’avons pas 400 0000 emplois disponibles, les causes du chômage sont structurelles. A Salazie, j’ai 50% de chômage, on fait quoi ’ Quand une personne à un niveau scolaire trop bas, on fait quoi’ Ce gouvernement me donne l’impression d’être coupé de la réalité". Il menace de transférer la compétence à Pôle emploi : "J’ai 80 messages par jour pour des contrats et c’est nous qui sommes à portée de gifles, les gens n’auront qu’à aller demander au préfet".

Le Journal de l’île / p.11