mercredi 05 août 2020

La CGPER veut booster la campagne sucrière

Pour la CGPER, la campagne sucrière a pris du retard. Le syndicat demande aux usiniers de broyer plus de cannes.

"Aucune canne ne doit rester dans les champs" : c’est le cri du cœur lancé par les planteurs de la CGPER, réunis sur le champ de foire de Bras-Panon en ce dimanche 3 septembre. Le syndicat déplore que la campagne sucrière soit en retard. Et cela inquiète tous ses adhérents. Le mouvement des planteurs a-t-il tout chamboulé ? "On ne peut pas dire que c’est uniquement dû au conflit. Il y a eu les premières pluies et on ne peut pas rentrer dans les champs", avance Isidore Laravine, trésorier de la CGPER qui propose que davantage de cannes soient broyées. "Les cannes sont là. Il y en a plus que l’an dernier. On a pris du retard, donc il faut broyer plus." La campagne a démarré avec 15 jours-trois semaines de retard. Et si elle suit son cours normal, elle devrait se terminer fin décembre. Pour le syndicat, ce n’est pas bon. "On était à 928 000 tonnes l’an dernier. On est à 980 000 t/1 million de tonne. Il faut que le Gol prenne des cannes du Nord et de l’Est", proposent Isidore Laravine et ses camarades. Le syndicaliste se déclare inquiet. Il n’est pas le seul. D’autres planteurs le sont également.

"ON EST EN TRAIN DE PERDRE DU TEMPS"

Une CMU extraordinaire est demandée pour analyser cette proposition. L’idée est de transférer des cannes du Nord et de l’Est vers l’usine sudiste. "Il y a moyen d’augmenter la capacité de l’usine du Gol", assure Jules Houpiarpanin, porte-parole de la CGPER.
Il faut, selon le syndicat, agir vite. "Il va faire chaud, il va y avoir moins de coupeurs, et plus on va attendre, plus la richesse va baisser. Et il va y avoir encore de la pluie."
Autre problème : si la campagne se prolonge jusqu’à la fin de l’année, il faudra attendre janvier pour que les planteurs gagnent leur argent. Pas question d’attendre après les fêtes…
Les planteurs ne comprennent pas. "On nous dit de planter mais quand il faut traiter nos cannes, les usines ne travaillent pas plus." Une date idéale de fin de campagne serait "entre le 15 et le 20 décembre." Le syndicat ne tient pas à ce que les planteurs soient toujours dans les champs le jour de Noël. "Il faut réfléchir et trouver une solution."

Jean-Yves Minatchy déplore pour sa part un "je-m’en-foutisme" des usiniers. Il rappelle que par le passé, l’usine sudiste a déjà augmenté sa capacité de broyage pour traiter des cannes de l’Est. Selon lui, c’est la première fois qu’il y a une telle pluviométrie dans le Nord. Un climat actuel propice à la replantation. "On est en train de perdre du temps. Il ne faut pas que les cannes restent dans les champs. L’agriculteur a travaillé dur. Ce serait un crime de laisser la canne au pied. On plante pour livrer." La situation va-t-elle aller dans le sens de la CGPER ? Réponse jeudi…

Le Journal de l’île / p.8