mercredi 28 octobre 2020

Michel Dennemont tête de liste d’une union PS-LPA

Alors qu’on s’attendait à une alliance avec le PLR, c’est finalement avec le LPA que le PS fait l’union. Michel Dennemont, maire des Avirons, sera tête de liste avec la promesse de laisser son siège dans trois ans au PS.

L’union était bien impossible à gauche. Hier soir, la fédération locale du parti socialiste s’est réunie pour valider la liste qui sera déposée dans quelques jours. Au départ, deux élus avaient été investis par le parti : Christian Annette et Jean-Luc Saint-Lambert, l’ancien maire de la Plaine des Palmistes. Après une intense semaine de négociations entre le PS et les autres partis de la gauche, le parti a tranché. Et c’est une surprise : alors que beaucoup s’attendaient à une liste commune avec le PLR, dans la lignée des accords trouvés entre les deux formations aux régionales et municipales, retournement de situation.

C’est finalement avec Thierry Robert que le parti a décidé de faire l’union. Michel Dennemont sera en pôle position devant la toute aussi inattendue Audrey Belim, trentenaire et conseillère municipale de Saint-Denis. "C’est le choix du renouvellement et du rajeunissement", se félicite le secrétaire fédéral du parti socialiste, Philippe le Constant. Christian Annette accepte la troisième place et Jean-Luc Saint-Lambert la cinquième. Les binômes des deux socialistes seront des femmes du LPA. Chaque formation y trouve son compte : Michel Dennemont pourrait accéder au Sénat, une priorité pour Thierry Robert, mais avec la promesse de démissionner dans trois ans en faveur de l’élue socialiste (et non de Christian Annette affirme t-on au PS).

LE PLR, TROP GOURMAND ?

Un accord validé sans trop de débats : sur les 28 socialistes présents, 23 ont approuvé, les autres ont voté blanc. Excepté Wilfrid Bertile, qui a refusé de se prononcer. Si la coopération avec le PLR a finalement été abandonnée, c’est sans doute parce que le parti d’Huguette Bello s’est montré un peu trop gourmand. Samedi, il a proposé au PS une liste intégrant le Progrès et les verts, écartant ses deux élus investis et préconisant une femme socialiste en seconde position. "Une décision qui a fait pencher la balance", tranche Philippe Le Constant. Le parti était prêt à changer sa de tête de liste, mais pas à accepter un seul nom socialiste sur la liste alors qu’il pèse le plus de voix à gauche. La direction de la fédération a été mandatée pour officialiser l’accord.

Ce combo PS-LPA leur garantirait près de 200 voix aux élections selon certains décomptes. Cela sera-t-il suffisant pour décrocher un siège au Sénat ? La gauche peut aussi s’attendre dans les prochains jours à une autre liste commune entre le PLR, le Progrès et les verts. Ajoutons d’autres inconnues à l’équation : que fera Vanessa Miranville et quelle sera la position des élus de Saint-Benoît, qui représentent une quarantaine de voix ? A gauche, le suspense continue...

Le Journal de l’île / p.10