vendredi 07 août 2020

Nos dirigeants sont des bourricots : prêtez nous Angela !

Que les ânes me pardonnent, ces bêtes-là sont bien plus intelligentes qu’on veut bien le dire, mais enfin, l’expression est passée dans la langue, âne et bourricot sont devenus synonymes de bêtise, et nos dirigeants, politiques, économistes, énarques ministres ou ânarques conseillers, sans parler des démagogues professionnels et des tribuns d’opérette, sont bons à manger du foin ! Ils sont incapables de remettre la France sur les rails de la prospérité économique et chaque mois qui passe voit le nombre de chômeurs augmenter. Alors évidemment, Pôle Emploi et l’Insee ne sont pas en phase, ce qui permet au ministère ironiquement dénommé du Travail de regarder ailleurs, enfin la ministresse de service surtout, Muriel Pénicaud, histoire d’éluder ce tragique compte qui ne vient jamais à rebours.

Quand on est une des femmes du nouveau régime, que l’on a su faire fortune dans le yaourt en pariant sur des licenciements boursiers à la sauce délit d’initié, on ne va quand même pas s’appesantir sur ces foutus chiffres grimpeurs qui sentent bien trop le Sapin, Michel, ex-ministre des sans-emplois sous Hollande-président. Reste qu’il faut bien y jeter un œil histoire d’apprécier la catastrophe. Selon l’AFP qu’on ne peut taxer de mauvais esprit, en métropole, sur le seul mois de juillet, on aurait enregistré "34.900 chômeurs supplémentaires", soit, "une forte hausse à contre-courant des autres indicateurs économiques". C’est bien notre chance ça ! On a des chômeurs qui sont résistants aux indicateurs normaux… De là à dire que ce sont eux qui sont atypiques, il n’y a qu’un pas. Ils seraient 5,93 millions de cette espèce-là nos chômeurs, toutes tribus confondues, A,B,C,D… et même jusqu’à Z s’il le faut.

A quoi sert-il de découper les chômeurs en tranches s’il n’est pas question d’atténuer la réalité pour fournir des chiffres moins inconvenants ?
À La Réunion, de même qu’en métropole, ça continue à monter, chez les A et les autres, à ceci près que l’on a de l’avance sur la métropole depuis bien longtemps dans ce domaine. Ici on a réussi, à notre corps social défendant, à rendre le "chômedu" héréditaire, tant et si bien qu’entre les 160 680 chômeurs tout types confondus répertoriés en juillet 2017, auxquels il faut ajouter les 10 180 que l’on a sortis des statistiques pour faire bien, pour cause d’Entrée en stage, d’Arrêt de recherche (maternité, maladie, retraite…), de Cessation d’inscription pour défaut d’actualisation, de Radiation administrative et d’Autre cas… sans oublier tous ceux qui ne figurent nulle part parce que tout le monde s’en fout, on doit frôler les 40% de chômeurs en misouk.

On nous dit que les mauvais résultats actuels pourraient découler de "la baisse des prescriptions de contrats aidés au deuxième semestre", que le gouvernement espère, sur le long terme, voir ses réformes à venir du marché du travail porter leurs fruits.
Le MEDEF est d’accord avec le gouvernement et Force Ouvrière dit le contraire, pendant que la CGT affirme "plus que nécessaire de favoriser l’emploi à temps plein" pour éviter que nous "ne sombrions dans la pauvreté absolue". Pendant ce temps-là, en Allemagne, pays ravagé par la Seconde Guerre mondiale, qui a réussi à absorber l’ex-Allemagne de l’Est à l’économie exsangue, le taux de demandeurs d’emploi représente 5,7% de la population active. Le nombre de chômeurs y a même baissé de
9 000 personnes en juillet, soit plus que prévu par leurs économistes. Le nombre total des chômeurs est de 2,52 millions de personnes.

L’Allemagne ce n’est pas la planète Mars, ni le pays de Cocagne, on y parvient pourtant à soutenir un niveau de vie et d’emploi satisfaisant. La magie n’y est pour rien, l’alimentation non plus et nos voisins "Spountz" comme on aime à les appeler, ne sont pas plus malins que nous. Alors il semble évident que nous subissons en France la malédiction de générations de dirigeants sinon abrutis, du moins gravement incompétents, et fiers de l’être. Ne serait-il pas possible que l’on nous prête un temps Angela Merkel ? On pourrait avantageusement refiler Macron et sa Brigitte aux Teutons, qu’ils s’en amusent un peu avant de revenir aux choses sérieuses.

Philippe Leclaire - Le Journal de l’île / p.3