mercredi 12 août 2020

Le président Macron "peut mieux faire"

Premier trimestre bouclé pour le président Macron.
Élu à la tête de la France le 7 mai dernier, le jeune chef de l’État reçoit l’appréciation "peut mieux faire" sur son premier bulletin de notes après trois mois de pouvoir.

La cote de popularité d’Emmanuel Macron a chuté très lourdement en juillet, passant de 43% à 36% en un mois.
Un effondrement de 7 points qui vient conclure une période pour le moins compliquée : la baisse du budget 2018 de la Défense qui a précipité le départ du chef de l’état-major des armées, la baisse de 5 euros des APL, la coupe de 300 millions d’euros dans les dotations aux collectivités locales, la suppression de la taxe d’habitation progressive et reportée en 2018 comme l’ISF ou l’annonce d’un gouvernement resserré de 15 ministres s’est transformé avec la nomination de 19 ministres et 10 secrétaires d’État et au passage ... Le ministère du Droit des femmes passé aux oubliettes et transformé en secrétariat d’État.

Le président de la République voit les polémiques s’enchaîner les unes après les autres. A-t-il oublié l’aspect pédagogique avec les Français ? A-t-il suffisamment anticipé l’aspect politique des choses ?
Le locataire de l’Élysée a déçu les centristes (-14points), les sympathisants Républicains (-8points) et toutes les autres franges de l’opinion (moins surprenant). Il se fait taxer d’amateur ainsi que son gouvernement à l’Assemblée nationale. Les députés lui distribuent des cartons rouges.

Et les choses ne sont guère plus réjouissantes pour le Premier ministre, Edouard Philippe voit lui aussi sa cote baisser de 2%. Il conserve 37% d’opinion favorable dépassant d’une courte tête le locataire de l’Élysée.
Le navire Macron semble prendre l’eau malgré un début prometteur et de vrais changements opérés. Le déplacement du clivage gauche/droite comme le renouvellement politique en sont les meilleurs exemples. Pour moitié issus de la société civile et respectant la parité homme/femme, des députés novices ont pris place dans l’hémicycle. La lutte pour le climat, mesure phare de son programme, a déjà été programmée pour le 12 décembre, date de l’ouverture du sommet d’étape contre le réchauffement climatique.

Parmi les engagements tenus, la réforme du Code du travail sera présentée le 31 août. La concertation se poursuit pendant l’été pour finaliser le projet. Les textes définitifs seront approuvés par le Conseil des ministres avant la fin du mois d’août.

Bernadette Loubier - Le Quotidien / p.3