vendredi 07 août 2020

Tourisme, ça décolle enfin !

Le début d’année bat un record de fréquentation touristique : notre île a accueilli 228 672 voyageurs en six mois, soit une hausse de près de 15% par rapport à l’an dernier. Si cette tendance se maintient, la Réunion pourrait franchir le cap symbolique des 500 000 visiteurs en fin d’année.

La Région et l’IRT (Ile de la Réunion tourisme) avaient un sourire “tranche papaye” hier. Et pour une fois, il était de circonstance. Stéphane Fouassin, président de l’IRT, a annoncé les premiers chiffres de fréquentation touristique 2017 : entre janvier et juin, notre île a accueilli 228 672 touristes dont 10 556 croisiéristes. Une hausse de 14,9% par rapport à 2016 qui avait enregistré 190 034 arrivées. Un record.

En 2012, considérée depuis la crise du chikungunya comme la meilleure année pour le tourisme local, notre département avait reçu 210 800 visiteurs en un semestre.
De quoi augurer une fin d’année exceptionnelle puisque la majorité des réservations se font en haute saison. “Nous nous étions fixés l’an dernier l’objectif d’une croissance à deux chiffres. Selon les estimations pour la fin d’année, cela devrait se maintenir. Nous pourrions réaliser une année historique”, explique Stéphane Fouassin, décidément sur tous les fronts cette semaine.

Dans le détail, on recense 88% de touristes de loisirs et 11% de touristes d’affaires. La métropole reste évidemment notre marché émetteur principal : elle représente 76,4% des arrivées avec 166 869 touristes. Elle est même en progression de 10% (+15 100 voyageurs).

L’océan Indien progresse
Le deuxième marché, et c’est une surprise, c’est la zone océan Indien : elle bondit de 88% ! Elle représente 15,3% des arrivées, soit 33 434 voyageurs venus essentiellement de Maurice et de Mayotte. 13 797 personnes sont venues d’Europe (6,3% des arrivées). Du côté des nouveaux marchés prioritaires, les arrivées sont encore timides : 1450 touristes chinois ont foulé notre sol cette année.

L’IRT estime que l’ensemble de ces touristes a dépensé 142,3 millions d’euros au premier semestre : 55,4 millions d’euros avant le départ (hors billet d’avion) pour les réservations et 86,9 millions d’euros une fois sur place.
C’est là en revanche bien moins qu’en 2012 où l’on avait enregistré 152,7 millions d’euros de recettes. Dans ces dépenses, l’hébergement est le premier poste (56,1 millions d’euros) devant la location de voiture (27,5 millions d’euros). Les hôtels classés restent plus sollicités que les locations saisonnières. Le compte des 600 000 touristes, annoncé par Didier Robert, fraîchement élu président de Région en 2010, n’y est pas encore. Mais le cap des 500 000 voyageurs semble lui parfaitement concrétisable d’ici décembre. Un seuil important qui pourrait être atteint justement grâce aux nouveaux marchés émetteurs.

“Ce n’est pas un gadget. A partir de 600 000 touristes, nous serons sur la carte des professionnels du secteur qui regarderont notre destination différemment. Nous avons revu l’offre touristique en investissant dans la création et la rénovation de 1600 chambres. Nous avons mis en place une meilleure coordination entre les différents acteurs du secteur et nous avons entamé un travail de fond sur les nouveaux marchés. Nous allons renforcer notre présence en Chine et en Afrique du Sud avec des bureaux permanents”, se félicite Didier Robert. Seule ombre au tableau, la crise requin loin d’être achevée. “J’aurais l’occasion de m’exprimer sur ce dossier dans les prochains jours”, annonce le président de Région.

Le Journal de l’île / p.6