samedi 31 octobre 2020

La crainte de "l’explosion sociale"

Dans les communes interrogées, on doute que l’enveloppe annoncée, hier, par le préfet suffira à combler tous les trous pour la rentrée : "Ce n’est même pas un pansement, c’est un scotch", ironise le DGS de Sainte-Suzanne. Avant la réunion à la préfecture, Sainte-Suzanne ou Saint-André évoquaient une situation plus que tendue avec le besoin de dégarnir d’autres services, de faire appel au volontariat ou de déplacer des agents en poste devant les collèges et lycées pour assurer la rentrée. "On déshabille Paul pour habiller Jacques", résume le 8e adjoint en charge des ressources humaines à Saint-André, Jean-Michel Sautron.

Pour faire fonctionner normalement les écoles et les crèches, une centaine de contrats sont nécessaires à Sainte-Suzanne "pour accompagner les enfants dans les bus, la restauration scolaire ou encore assurer la sécurité des abords." En allant piocher dans les différents services et en réaffectant les contrats encore en poste sur les seules écoles, "nous arriverons à faire la rentrée, mais sur une jambe et en mettant la pagaille dans les services", commente le DGS de Maurice Gironcel. Il doute que l’enveloppe suffira à répondre aux besoins immédiats des collectivités. À Saint-André, il est "a minima" de 82 contrats pour les seules écoles. Autre problème : le délai sera serré pour renouveler et surtout signer les nouveaux contrats.

La rentrée s’annonce tendue. Pas ce qui inquiète le plus les communes : "C’est le problème social le plus urgent. Les contrats sont un traitement du social, des familles vivent de ça, on joue avec le feu, c’est une bombe à retardement", alarme le DGS avec la crainte d’une baisse des quotas qui limitera d’autant plus la possibilité de répondre aux nouvelles demandes et renouvellement par les communes, mais aussi par le Département ou la Région. "Les mairies ont toujours fonctionné avec ces contrats, s’ils devaient disparaître ou diminuer une réorganisation serait possible, mais ces contrats sont aussi des amortisseurs sociaux, sans eux on risque une explosion", s’inquiète l’adjoint saint-andréen.

Le Journal de l’île / p.8