samedi 31 octobre 2020

"Veut-on que La Réunion devienne un paradis fiscal ?"

Cette rentrée, 18 postes ne sont pas pourvus à la Direction régionale des finances publiques (DRFIP). De quoi inquiéter le syndicat Solidaires Finances Publiques d’autant que cette absence de recrutement va concerner principalement la partie contrôle fiscal.

"Veut-on que La Réunion devienne un paradis fiscal ?" s’interroge Pascal Valiamin, délégué régional de Solidaires Finances Publiques. La colère est réelle face à l’absence de 18 postes à la rentrée.

Non pourvus, ces postes pourraient disparaître, de quoi soulever le mécontentement du syndicat alors que le département de La Réunion est sous-doté en matière d’effectif. "C’est un sale coup alors que depuis 3 ans nous étions dans la création de postes. Des créations liées à la réalité du département avec une démographie forte, un taux de chômage important et une économie en développement", poursuit la nouvelle secrétaire de Solidaires, Magali Billard. Cette "coupe" de 18 postes va toucher 20 services, dont celui du contrôle fiscal. Le plus embêtant aux yeux de Solidaires. "Toute la chaîne est touchée que ce soit le renseignement, le contrôle sur pièce et sur place", souligne Pascal Valiamin.

Pour le syndicat, le contrôle sera moins efficace. "Au niveau national la fraude fiscale représente 80 milliards d’euros. À La Réunion, elle s’élève à 500 millions d’euros en moyenne", précise Jocelyn Cavillot, administrateur régional de Solidaires. Le parallèle est rapidement fait entre un gouvernement qui préfère rogner sur les 5 euros d’aides au logement, plutôt que de s’attaquer aux fraudeurs. "Il y a une volonté politique. Les chiffres de 2016 ne sont pas bons que ce soit au niveau du contrôle comme du recouvrement." Au-delà du service dédié aux contrôles fiscaux, l’accueil du public, le contentieux ou encore le travail avec les collectivités locales - le DRFIP accompagne les collectivités dans la certification des comptes - seront touchés par cette baisse du nombre d’emploi.

Le syndicat alerte les pouvoirs publics, alors même que les lettres de cadrages de leur ministère de tutelle ne sont pas encore arrivées, en réclamant des moyens supplémentaires. Des courriers ont été envoyés aux parlementaires ou encore à la direction des finances publiques. Une rencontre est programmée avec le préfet. "Nous ne sommes plus en capacité de réaliser nos missions", prévient Jocelyn Cavillot.