vendredi 07 août 2020

Sur la planète Neymar

Nous y voilà. Malgré le zèle de la Liga Espagnole, les barrières ont été levées hier soir sur la signature au PSG de Neymar Da Silva Santos Junior, lequel s’est engagé pour une durée de cinq ans en faveur du PSG.
Le Club de la capitale a réussi le casse du siècle : 220 millions d’euros payés rubis sur l’ongle pour la clause libératoire, sans compter le salaire annuel du joueur, les primes et la petite ristourne à "Papa" Neymar.

Pas question ici de discuter le talent hors normes de cette perle brésilienne, prince du dribble et goleador hors pair. Nul besoin non plus de s’apitoyer sur le sort des supporters barcelonais, qui parlent de trahison éhontée, sur la détresse des médias espagnols ou sur le courroux à peine feint des dirigeants catalans lorsqu’ils évoquent le "dopage financier" des propriétaires qataris du PSG.

Peu de voix dissonantes s’élèvent en France pour tempérer le dithyrambe.
Du président Macron en passant par le président de l’OL Jean-Michel Aulas, tous se félicitent de la venue du prodige "auriverde", entraînant espèces sonnantes et trébuchantes, sans parler des stades pleins à craquer.

On laissera aux experts football le soin de juger les chances du "QSG" de remporter la Champion League avec Neymar dans ses rangs, mais une chose est sûre : au-delà de la tête de gondole planétaire que représente ce joueur, ce dernier incarne également la promesse d’un jeu chatoyant et spectaculaire.
Ce transfert incarne à lui tout seul le paradoxe du foot moderne, ses millions, ses extravagances et son inanité.

La clause libératoire acquittée par le club parisien par l’intermédiaire du joueur lui-même a été comparée à un paquebot de taille moyenne ou a deux air bus.
Peu se sont aventurés à déterminer le nombre de Smic que ce pactole représente car on toucherait les frontières de l’indécence. Avec Neymar, le football est définitivement catapulté sur un autre monde, sur une autre planète celle de l’irréalité.

Jean-Marc Goglione - Le Quotidien / p.3