vendredi 30 octobre 2020

Je vis à crédit sur le dos de la Terre depuis le 7 mai

Depuis le 7 mai dernier, je suis débiteur vis à vis de notre planète. Si tous les habitants qui peuplent la Terre avaient mon type de consommation, nous aurions besoin de 2,9 Terre. Comme chaque année, Overshoot Day propose à tout un chacun de calculer son propre jour du dépassement mondial par le biais d’un calculateur d’empreinte écologique.
La démonstration du site Earth Overshoot Day est implacable. Comme chaque année l’ONG a calculé "le jour du dépassement" ("overshoot day" en anglais). Depuis le mercredi 2 août, L’humanité a consommé la totalité des ressources que la planète peut renouveler en un an et vivra donc "à crédit" jusqu’au 31 décembre. Overshoot Day propose à tout un chacun de calculer son propre jour du dépassement mondial par le biais d’un calculateur d’empreinte écologique utilisé par plus de deux millions de personnes par an. L’empreinte écologique individuelle mesure la quantité de surface productive requise pour fournir tout ce qu’un individu utilise pour se nourrir, se loger, se déplacer, se fournir en biens de consommation et absorption d’émissions de dioxyde de carbone liées à sa consommation d’énergies fossiles. Ludique et mobile, le nouveau calculateur d’empreinte ne se contente pas d’évaluer l’impact des utilisateurs sur la planète et sur les émissions de carbone. Il les invite à contribuer à faire reculer la date du jour du dépassement mondial, par exemple en témoignant de leurs solutions de durabilité préférées sur une carte interactive et sur les médias sociaux. Un jour du dépassement mondial antérieur au 2 août signifie que votre demande sur la nature est supérieure à la moyenne mondiale. Antérieure au 24 avril, votre demande est supérieure à celle d’un Allemand moyen. Au 14 mars, elle est supérieure à celle d’un Américain moyen. Au 7 mai, mon jour de dépassement mondial se situe entre le Japon et l’Italie. Celui de la France se situe au 3 mai.
A l’échelle de la planète le constat est particulièrement inquiétant. Cette année le jour du dépassement mondial se situe le 2 août. En 2016, le "jour du dépassement" était intervenu le 3 août. Même si le rythme de progression s’est un peu ralenti depuis six ans, cette date symbolique continue inexorablement d’avancer. Cette journée est passée de fin septembre en 1997 au 2 août cette année. A titre de comparaison, il se situait le 21 décembre en 1971.
« Notre planète est limitée, mais les possibilités humaines ne le sont pas. Vivre selon les moyens que nous accordent notre planète est technologiquement possible, financièrement bénéfique et notre seule chance pour un avenir prospère, » a déclaré Mathis Wackernagel, PDG de Global Footprint Network et co-créateur de l’empreinte écologique. "Si nous retardons le jour du dépassement mondial de 4,5 jours chaque année, nous vivrons d’ici 2050 en harmonie avec les ressources écologiques que nous accorde notre unique planète Terre. Nous en utilisons actuellement l’équivalent de 1,7. La réduction de la moitié des déchets alimentaires dans le monde pourrait faire reculer la date du jour du dépassement mondial de 11 jours. La réduction de 50% de la composante carbone de l’empreinte Ecologique mondiale déplacerait le Jour du Dépassement de 89 jours. » Le coût de la surconsommation est déjà visible : pénuries en eau, désertification, érosion des sols, chute de la productivité agricole et des stocks de poissons, déforestation, disparition des espèces. "Vivre à crédit ne peut être que provisoire parce que la nature n’est pas un gisement dans lequel nous pouvons puiser indéfiniment", soulignent le WWF et Global Footprint. Les émissions de gaz à effet de serre représentent à elles seules 60% de notre empreinte écologique mondiale.
Selon les deux organisations, "des signes encourageants" indiquent cependant qu’il est possible d’inverser la tendance. Malgré la croissance de l’économie mondiale, "les émissions de CO2 liées à l’énergie n’ont pas augmenté en 2016 pour la troisième année consécutive", relèvent-elles. Selon elles, "cela peut s’expliquer en partie par le développement important des énergies renouvelables dans l’électricité".
La communauté internationale s’est engagée à la Conférence de Paris sur le climat, en décembre 2015, à réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de juguler le réchauffement climatique.

Le Journal de l’île / p.13