mardi 20 octobre 2020

Ericka Bareigts dénonce "un abus de pouvoir"

La députée de la première circonscription de La Réunion, s’est penchée, hier après-midi, sur le cas de Johanna Dijoux et Anaïs Hoarau, à leur demande. Toutes deux, employées dans l’Éducation nationale, souhaitent un retour sur l’île, mais leur hiérarchie refuse. Ericka Bareigts entend, si nécessaire, porter le dossier au plus haut. Les deux jeunes femmes, enseignantes dans le premier degré en métropole, aimeraient bien exercer au pays, après avoir servi en métropole pendant de longues années (voir notre édition d’hier) mais les académies (Clermont-Ferrand et Orléans) au sein desquelles elles ont exercé refusent de les laisser partir. Pourtant, l’une est en disponibilité et l’autre n’a pas de poste là-bas actuellement. "J’estime qu’il y a abus de pouvoir dans les cas présents !" tempête Ericka Bareigts. "Nous sommes en présence d’une application bête et méchante des textes" poursuit-elle.
Pour Ericka Bareigts, aujourd’hui que les Centre d’intérêts moraux et matériels ont une base légale, la question ne devrait même plus se poser. "Les Centres d’intérêt moraux et matériels sont désormais reconnus par la Loi pour l’égalité réelle," rappelle-t-elle. C’est la première fois qu’elle est interpellée pour traiter de tels cas dans le premier degré. Des cas peu nombreux fort heureusement et sur lesquels elle promet de se pencher avec beaucoup d’attention. "Avec Richel Sacri, président du Crefom, nous allons demander audience au recteur de La Réunion pour une prise de contact avec les académies métropolitaines concernées." Pour elle, tout est question "de bon sens, d’intelligence, de volonté." Elle appelle les syndicats à prendre la question à bras-le-corps et à se saisir de la Loi pour l’égalité réelle afin de faire évoluer les choses au sein des administrations. En attendant, si le caractère social de chacune de ces familles n’est pas pris en compte comme le demande le Crefom, Ericka Bareigts n’exclut pas de porter l’affaire au pénal. "Nous y réfléchissons très sérieusement. Nous vivons dans un État de droit et la loi doit être respectée par tous dans cette République."

Le Journal de l’île / p.8