lundi 28 septembre 2020

Paris 2024, une chance pour La Réunion

Ainsi donc, c’est Paris ! À moins d’un invraisemblable retournement de veste du comité international olympique et à l’issue d’un vrai-faux suspense de plusieurs mois, Paris et Los Angeles se sont partagé le gâteau de moins en moins copieux il est vrai des Jeux olympiques. À moi 2014 à toi 2028.

Le CIO était bien en peine, il est vrai, de fournir les candidatures habituelles au premier événement sportif planétaire.
Crise économique oblige, le concept lui-même des Jeux, avec des budgets qui dépassent les 5 milliards d’euros - celui, prévisionnel de Paris, atteint déjà 6,6 milliards d’euros a de quoi refroidir la ville postulante.

Boston, Hambourg, Rome, Budapest ont dû baisser pavillon. Soit pour des raisons strictement budgétaires que nous venons d’évoquer, soit parce que l’opinion publique par exemple hongroise avait montré une hostilité manifeste.
La France, qui a accueilli les Jeux en 1900 et 1924, a déroulé le tapis rouge au sens propre comme au sens figuré devant le CIO.
Le président Macron a fait de Paris 2014 un objectif prioritaire. Il voit dans cet événement matière à souder le pays derrière la bannière olympique, d’impulser un élan patriotique et de relancer l’économie à travers, notamment, les travaux du village olympique à réaliser.

Ces intentions sont évidemment louables. Elles se heurtent, pour l’instant à une opinion publique frileuse, pour ne pas dire sceptique, échaudée par les premières mesures gouvernementales. En tout cas qui contraste singulièrement avec la démesure des Jeux, à tous ces milliards tourbillonnant autour de la marmite des sportive.

Sur le plan sportif, Paris 2024 aura des conséquences importantes, pas seulement au niveau national. La nation organisatrice se dote toujours de moyens à la mesure de ses ambitions de médailles. À Londres en 2012, le pays classé dans le ventre mou du classement mondial, la Grande-Bretagne était devenue une grande nation dans le concert olympique, 3e derrière la Chine et les États-Unis mais devant la Russie.

Qui dit Jeux olympiques à Pairs, dit crédits et financements. La Réunion devrait elle aussi bénéficier d’un avant et d’un après Paris 2024.
Des programmes de formations, des crédits alloués aux comités et ligues pour préparer les athlètes... C’est ce qu’on peut espérer pour le sport péi. Du moins en théorie.

Car en pratique rien n’est gagné. Adolphe Pépin, vice président du comité régional olympique et sportif nous indiquait hier que les fonds CNDS (centre national pour le développement du sport), censés compléter les ressources des associations sportives, se faisait attendre.

Jean-Marc Goglione - Le Quotidien / p.3