jeudi 13 août 2020

Dix point qui font mal

Moins 10 points dans la cote de popularité d’Emmanuel Macron en juillet : le premier enseignement de cette dégringolade, c’est que le président de la République fait mieux que Hollande et Sarkozy.
Sur une période presque identique, son prédécesseur à l’Élysée chutait de neuf points et Nicolas Sarkozy, de sept points. Seul Jacques Chirac avait fait plus fort en 1995, lui dont la cote était passée en deux mois, et en début de mandat, de 54 et 41%.
Serait-ce donc une fatalité, comme une sorte de maladie française, une de plus, qui conduirait inéluctablement le chef de l’État, de l’état de grâce à l’état de glace, Jupiter de ses cimes divines à la poussière des hommes dès lors qu’il se mêle d’un peu trop près des réalités humaines, trop humaines ?

Emmanuel Macron avait pourtant prévenu : le gouvernement gouvernerait et le président ... présiderait. Sauf que dans la pratique ce dernier s’expose en quasi-permanence. Et, au delà de cette personnalisation du pouvoir, entamée bien avant la campagne présidentielle, c’est lui l’élu, pas son Premier ministre.
Ceux qui soutiennent l’action présidentielle, les 47% de satisfaits, pourront toujours utiliser l’argument suivant : cette impopularité naissante n’est que le revers de la médaille de la réforme, une sorte de facture du courage.

Thierry Durigneux - Le Quotidien / p.3