mercredi 12 août 2020

Boire ou laisser vivre, il faut choisir

Une fois de plus l’alcool aura été le carburant de la mort sur la route.
Le week-end dernier, sur la RN2, un jeune est décédé, carbonisé dans sa petite sportive tuée, réduite à un amas de tôles enflammées.
Le lendemain, l’un des blessés graves extraits de la voiture a rendu son dernier souffle. Il s’agissait d’une petite fille de 10 ans assise sagement dans la voiture familiale, conduite prudemment par un conducteur prudent qui, lui, ne roulait pas à contresens. Et qui, lui, ne se trouvait pas en état d’imprégnation alcoolique. Pas comme celui qui est venu provoquer un drame irréparable dans sa famille.
Des accidents routiers survenus durant ce week-end du 14 Juillet, l’effroyable collision de Bras-Panon a cruellement marqué les consciences.
Bien plus que les neuf autres, strictement matérielles, qui ont tout de même requis l’intervention des gendarmes.
Pourtant, ce qui suit est effrayant : cinq conducteurs impliqués ont été décelés positifs à l’éthylomètre. Cinq sur neuf : le compte est-il bon ?
De véritables tragédies humaines en petits bobos discrets, l’alcool ne cesse de meurtri la société réunionnaise.
Pas seulement sur la route d’ailleurs. Dans l’intimité des cases, où des coups parfois fatals sont portés ; dans d’autres actes de violences, sexuelles celles-là, où des enfants sont la proie des adultes abrutis d’alcool, à la naissance de bébés frappés du syndrome d’alcoolisation foetale.

Thierry Durigneux - Le Quotidien / p.3