samedi 08 août 2020

Vitesse et précipitation ...

La semaine des quatre jours va-t-emme s’apparenter à l’introuvable semaine des quatre jeudis ? C’est à croire !
Le gouvernement avait annoncé son intention, dès le mois de mai, d’assouplir les rythmes scolaires.
En clair : les communes qui souhaitent revenir à la semaine des quatre jours, soit huit demi-journées réparties sur les lundi, mardi, jeudi et vendredi ont la liberté de le faire.
À Paris, rue de Grenelle, on n’a pas chômé. Il fallait honorer à toute pompe la promesse de campagne d’Emmanuel Macron de permettre aux collectivités de déroger à la semaine de quatre jours et demi enfantée dans la douleur sous François Hollande. Le décret est d’ailleurs paru au Journal Officiel le 27 juin.
Sauf qu’en bas, chez nous par exemple, cette vitesse prodigieuse a les allures d’une inutile précipitation.
Hier, le recteur de notre académie l’a redit avec clarté : ses services ne pourront instruire les demandes ... qu’à compter de la rentrée prochaine. À Salazie, au Tampon, à Saint-Philippe et à Sainte-Maire, il faudra donc patiente : ces communes, telles des lièvres de la fable, sont parties ventre à terre sur le chemin du retour aux quatre jours. Les tortues qui ont attendu le décret ne seront sans doute pas si en retard ... Mais au bout de la piste, il leur faudra freiner brutalement.
Vêlayoudom Marimoutou précise qu’il faut convoquer les conseils d’école dont l’avis est requis. En un mot comme en cent, le recteur nous explique que des étapes doivent être franchies avant d’atteindre la ligne d’arrivée.
On aurait pris un 400 mètres hais pour un cent mètres tout en sprint.

Thierry Durigneux - Le Quotidien / p.3