mercredi 12 août 2020

Mieux vaut manger moins de viandes et plus de lentilles

Les nouvelles recommandations de l’agence sanitaire visent à réduire la consommation de charcuterie et de renforcer celle de lentilles.

Dix ans après les premiers spots "Mangez cinq fruits et légumes par jour", on devrait bientôt avoir sur nos écrans des appels à manger moins de viandes et plus de légumineuses (lentilles, fèves, haricots, pois cassés, flageolets, soja et pois chiches). En effet, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié de nouveaux repères alimentaires en se basant sur les dernières données scientifiques.

Ces recommandations à l’usage exclusif des adultes sont l’aboutissement de quatre années de travail.

L’Anses a utilisé un algorithme capable de traiter à la fois la composition nutritionnelle de plus de 1300 aliments, les risques de développer des maladies chroniques en lien avec l’alimentation, les habitudes nutritionnelles des Français, mais aussi le niveau de contamination des aliments. Il en ressort des recommandations plus précises. Trois nouveaux paramètres sont ainsi venues s’ajouter aux habituelles données nutritionnelles.

La consommation de charcuterie devrait ainsi être limitée à 25 grammes par jour, tandis que nos assiettes ne devraient pas contenir plus de 500 grammes de viandes (hors volaille) chaque semaine (soit environ deux très gros steaks tartares). Il faudra donc ne plus abuser du rougail saucisses ou du boucané...

Pour compenser la baisse de consommation de viande, il suffit d’utiliser d’autres sources de protéines.

En contrepartie, l’Anses entend renforcer la consommation régulière de légumineuses telles que lentilles, fèves et pois chiches, qui concentrent de bons nutriments.

Selon elle, il faut privilégier les produits céréaliers complets (pain, pâtes et riz), moins raffinés, donc avec une meilleure qualité nutritionnelle. La consommation de produits céréaliers complets diminue le risque de diabète de type 2, de maladies cardio-vasculaires et de cancer colo-rectal avec un niveau de preuve probable. Autres aliments appréciés, les huiles de colza et de noix, riches en acide oméga-3 impliqué dans de nombreux mécanismes indispensables au fonctionnement de nos cellules. Du côté des fruits et légumes, cela ne change pas : leur teneur en fibre, associée à une réduction du risque des maladies cardio-vasculaires, de diabète de type 2 et de cancers du côlon et du sein, doit au contraire encourager leur consommation.

S’agissant des boissons sucrées (jus de fruits et sodas) : pas plus d’un verre par jour. Et ça fait dejà mal... La consommation quotidienne d’un verre est associée à une augmentation du risque de diabète de type 2 et de maladies cardio-vasculaires de l’ordre de 20 % par rapport à une consommation nulle ou exceptionnelle (une fois par mois), précise l’agence dans son rapport. Plus terrible, encore : chaque verre supplémentaire par jour est associé à une prise de poids de l’ordre de 200 grammes par an.

L’agence appelle donc à limiter l’apport en sucres, qu’ils soient ajoutés ou naturellement présents, à 100 grammes par jour chez les adultes. Les préconisations pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées suivront dans un rapport ultérieur.

L’avis d’une diététicienne
Claudine Robert Hoarau, diététicienne nutritionniste nous donne son point de vue sur ces nouveux repères de l’Anses : " Ces nouveaux repères tendent à renforcer ceux déjà en place et conduisent à des évolutions sur certains points. Mais, en consultation, en tant que professionnelle de santé, ces conseils sont pour certains d’entre eux déjà prodigués notamment sur la consommation de charcuteries, de boissons sucrées, de légumineuses pour leur apport en fibres...mais pour le grand public, il est toujours intéressant de concrétiser et de matérialiser ces repères alimentaires par le biais d’un cadre alimentaire vers lequel ten-dre. Les personnes sont souvent perdues pour équilibrer leur alimentation et ne savent souvent plus quoi manger du fait de la multitude d’informations sur ce sujet.
A mon sens, c’est le message d’une alimentation variée et sans excès qui doit être véhiculée avec effectivement des notions "d’excès" (quantité consommée, fréquence de consommation)".

Le Journal de l’île / p.15