mercredi 12 août 2020

En vert… et contre tous

La cacophonie est en Marche. La journée d’hier a donné une idée assez précise de ce que nous réserve ce gouvernement "Philip-pe", qui a marié allègrement des carpes et des lapins. Tout a commencé par la sortie matinale de Stéphane Travert, ex-socialiste et méconnu ministre de l’Agriculture, qui a annoncé vouloir revenir sur la législation interdisant les néonicotinoïdes, des insecticides décriés et accusés d’être notamment responsables du déclin des abeilles. Coup de tonnerre ! Parce qu’Emmanuel Ma-cron, avant et après son élection avait toujours soutenu le contraire.

Les engagements "verts" du président de la République volaient ainsi en éclats. Alors, Hulot, ministre de la transition énergétique a bondi. "Aucune concession" sur le sujet a affirmé la caution écolo de ce début de quinquennat, contredisant donc avec fermeté son collègue Travert. En deux heures, le gouvernement "Philippe" a réussi le petit exploit de dire tout et son contraire.
Matignon a finalement eu le dernier mot, annonçant hier après-midi que les néonicotinoïdes resteront bannis. Pour le moment. C’est Nicolas Hulot qui a donc remporté l’arbitrage gouvernemental, mesurant au passage son réel poids dans cette équipe bigarrée. Un signal envoyé à ceux promettaient au pilote d’ULM d’Ushuaïa le crash à la première turbulence venue. Il sort finalement renforcé de ce bras de fer alors que le Premier Ministre Edouard Philippe est contraint à un étonnant numéro de funambule. Député, il s’était farouchement opposé à la loi sur la biodiversité de 2016 qui fixait l’interdiction des néonicotinoïdes.

On retiendra que c’est la question de la protection des abeilles qui a entrainé la première passe d’armes gouvernementale. Rien de très régalien, a priori. Ça promet pour la suite.

Luka Garcia - Le Journal de l’île / p.3