lundi 26 octobre 2020

La convention canne dans la mélasse

Nouveau round de réunions en préfecture hier et nouvelle absence d’avancées à la sortie. Les planteurs menacent de repasser à l’action dès la semaine prochaine.

L’information du jour dans l’épineux dossier de la convention canne hier n’était pas à la préfecture mais plutôt à la chambre d’agriculture où la CGPER a réuni ses troupes dans la matinée pour passer en revue les dernières propositions de Tereos et préparer la nouvelle rencontre avec l’Etat en début d’après-midi. Après avoir affiché ses divisions en début de semaine (notre édition du 13 juin), c’est cette fois un visage d’union que le syndicat a présenté avec la présence remarquée de plusieurs élus de l’Est, absents depuis le début du conflit. Pas franchement une bonne nouvelle pour l’usinier et l’Etat.

Le syndicat réfute toute plate-forme commune avec la FDSEA et les JA et rappelle qu’il est majoritaire : ce sont « ses propositions » qui doivent servir de base de discussion. Du côté des nouvelles propositions de Tereos, la réponse a été limpide. Les planteurs ont rapidement allumé un feu avec dans la cour de la chambre verte !

Pas d’accord, pas de coupe

Le syndicat détaille les siennes : sanctuarisation des accords successifs des dernières conventions canne en particulier pour les cannes coupées mécaniquement (prix plancher), corrélation du prix de la tonne de canne au prix de la betterave - ce qui représenterait une augmentation de 3,73 euros/tonne - indexation du prix sur l’évolution du marché du sucre, versement de la recette bagasse en totalité aux planteurs , prix de référence porté à 45 euros/ tonne (contre 39,09 euros aujourd’hui) et valorisation de la prime mélasse. Au total, les planteurs, tout syndicat réuni, chiffraient leurs demandes à 14,5 millions d’euros la semaine dernière. L’Etat continuant de jouer les médiateurs, les trois syndicats ont été reçus ensemble pendant 2H30. A la sortie, chacun s’est exprimé de son côté pour regretter une nouvelle fois une absence d’avancée.

Un seul point positif accordé à l’usinier : la proposition de créer un « bonus » calculé sur le prix de la tonne de sucre blanc sur le marché mondial. Si le prix moyen dépasse 470 euros, les planteurs toucheraient 0,43 centimes par pallier de 10 euros. S’il félicite l’avancée, Bruno Robert, président des JA, souhaite que la calcul porte également sur les sucres spéciaux « et sur la valeur ajoutée qu’ils rapportent ».
Tereos a été reçu à son tour en fin de journée. Une nouvelle rencontre par l’intermédiaire de l’Etat est prévue mardi en préfecture ou en interprofession (CPCS) « selon les nouvelles propositions de Tereos ». Les planteurs dénoncent un point mort autour de leur principale revendication : l’augmentation du prix de base. Chaque syndicat menace de repasser à l’action dès la semaine prochaine et de ne pas commencer la coupe tant qu’il n’y aura pas de signature. Après la FDSEA, la CGPER pourrait également décoller à son tour pour Paris dans les prochains jours pour faire la tournée des ministères et interpeller directement l’Etat. La convention canne est encore loin d’être signée.

Le Journal de l’île / p.12