mercredi 05 août 2020

Thierry Robert, l’incompatible…

Mardi soir, sur Réunion Pre-mière, Thierry Robert participait à un débat qui l’opposait à Fabrice Marouvin, dans le cadre de la campagne électorale du second tour des législatives. Une confrontation classique, si ce n’est qu’elle a conduit Thierry Robert, candidat à sa réélection au Palais Bourbon, à affirmer de façon péremptoire que ce qui se passe "à l’Assemblée nationale c’est du sérieux", par opposition, peut-être à la politique péi… mais le beau de la chose n’était pas là. La révélation de la soirée tenait tout entière dans les affirmations suivantes : "Je continue à faire mon métier de transporteur, de promoteur immobilier, de gestionnaire de patrimoine, d’agent immobilier…"
Quelle surprise ! Toute La Réunion et même les tribunaux le pensaient impécunieux, victime de problèmes de solvabilité, au point d’être incapable d’assumer le paiement des 228 984,07 euros de dédommagement partiel (Ndlr : sur 550 000 euros), auxquels il a été condamné par le tribunal de Saint-Pierre, le 2 septembre 2016, pour indemniser les acquéreurs de logements d’une résidence des Avirons affectés de malfaçons sans parler de moulte entorses au code de l’urbanisme… Faute de payer, le député-maire-promoteur immobilier a vu un huissier saisir donc sur la seule source de revenus de M. Robert : ses 5 600 euros net d’indemnités de député… Il perçoit pourtant 7 883,75 euros d’indemnités en tant que député-maire, ce qui, selon lui, ne représentait il y a peu encore, que 8,91 % de ses revenus. Et pour cause, en 2015, Thierry Robert se vantait de gagner environ
90 000 euros par mois, 97 882 euros politique comprise.

Élu en 2012, député de la 7e circonscription, Thierry Robert était en fait en totale infraction avec le code électoral faute d’avoir démissionné dès son élection de l’intégralité de ses mandats de gérance. Car l’article L0 146 du code électoral établit que "sont incompatibles avec le mandat parlementaire les fonctions de chef d’entreprise, de président de conseil d’administration, de président et de membres du conseil de surveillance, d’administrateur délégué, de directeur général, directeur général adjoint ou gérant exerçant dans des sociétés ou entreprises à but lucratif dont l’objet est l’achat ou la vente de terrains destinés à des constructions quelle que soit leur nature ou qui exerce une activité de probation immobilière, à titre habituel de construction d’immeubles en vue de leur vente".

Donc faute d’avoir démissionné de l’intégralité de ses mandats de gérance dès son élection, Thierry Robert s’est trouvé de fait en situation d’incompatibilité avec l’exercice de son mandat parlementaire. Et il l’est resté jusqu’à ce que la Haute autorité pour la transparence de la vie publique flaire un risque de conflit d’intérêt, soit une relation de nature à influencer ou apparaîssant influencer l’exercice indépendant impartial et objectif de sa fonction. Ce qui devait entraîner la démission apparente de Thierry Robert de l’ensemble des mandats de gérance de chacune des 18 sociétés dont il a (avait ?) la charge, trois années pleines après son élection on le rappelle. C’est le 30 octobre 2015, à Saint-Pierre, qu’a été décidé devant Me Jacques Rivière notaire associé, la signature d’un acte de donation entre Monsieur Thierry Jean-Bernard Robert le gérant de la société ROTHIM SCI au profit de ses trois enfants, Thomas Alexandre Robert lycéen âgé de 19 ans, Anthony Thierry Robert, écolier, âgé de 10 ans, et Théo Emmanuel Robert, écolier, âgé de 4 ans.

Philippe Le Claire - Le Journal de l’île / p.3