lundi 28 septembre 2020

Filière canne : l’ultimatum de la CGPER

Agriculture. Assigné, hier, devant la justice pour entrave à l’accès des usines lors des mouvements de contestation de la semaine dernière, Jean-Bernard Gonthier, président de la chambre d’agriculture et vice-président de la CGPER, est ressorti "outré et en colère" de l’audience.

Le président de la chambre d’agriculture et vice-président de la CGPER, Jean-Bernard Gonthier, était assigné hier après-midi devant le tribunal de Saint-Pierre pour entrave à l’accès des sites de l’industriel lors des mouvements des planteurs la semaine dernière. Si le président de l’autre syndicat agricole (FDSEA), Frédéric Vienne, était lui aussi assigné, mais n’était pas présent physiquement, Jean-Bernard Gonthier avait décidé de ne pas venir seul. Le responsable était accompagné de nombreux planteurs qui venaient d’effectuer une mini-opération escargot en signe de solidarité avec leur camarade entre la balance des Casernes et le tribunal sudiste.
Assigné à 13h30, Jean-Bernard Gonthier est ressorti quelques minutes après l’audience car le tribunal n’avait pas encore reçu la levée des assignations de l’avocat de Tereos, absent à l’audience. "Je suis outré et en colère par ce geste. J’ai appris par texto à 12h34 que Tereos avait retiré les assignations, s’indigne le représentant syndical. Où est le partenariat de Tereos ? Pourquoi ne pas communiquer ?" La semaine dernière, les planteurs, tous syndicats confondus (FDSEA, CGPER et les Jeunes Agriculteurs), ont montré leur mécontentement suite au refus du groupe industriel Tereos de revaloriser le prix de la tonne de canne. Ce que demandent les planteurs est une augmentation du prix de la tonne de 6 euros.

"La convention canne ne sera pas signée !"

Outre le fait que les motifs de l’assignation sont "mensongers" selon le responsable de la chambre verte, Jean-Bernard Gonthier insiste sur l’attitude de Tereos qui refuse le dialogue depuis le début. "La campagne débute dans quelques semaines et on n’a toujours pas de prix. Il faut que Tereos arrive avec des annonces et de l’argent. Pour le moment, ce n’est pas à nous de bouger mais bel et bien au tour de Tereos de venir avec des propositions, poursuit Jean-Bernard Gonthier. On espère vraiment d’ici jeudi des propositions concrètes."
Alors que Tereos avait présenté cette levée des assignations des planteurs comme "un geste d’apaisement", c’est l’inverse qui se produit. C’est ainsi un ultimatum que lance la CGPER. Du moins les représentants syndicaux présents, hier, au tribunal de Saint-Pierre car il semble qu’une fissure commence au sein du mouvement syndical (voir par ailleurs). "La CGPER est majoritaire au comité paritaire interprofessionnel de la canne et du sucre (CPCS), or l’État veut qu’il y ait une plateforme commune entre les différents syndicats, souligne le porte-parole de la CGPER. On demande à Tereos de venir autour de la table. S’il n’y a pas la CGPER, la convention canne ne sera pas signée ! Tereos doit mettre de l’eau dans son vin."

Le Journal de l’île - p.16