lundi 10 août 2020

Madagascar ou le procès du colonialisme

" Maintenant il est temps de révéler la réalité ", confie au Quotidien l’un des insurgés de 1947 dans la Grande île.. Edmond Rakotomavo 94 ans, a conservé des souvenirs très présents de cette rébellion pour l’indépendance de Madagascar, qui fut très violemment réprimée.

Le nombre de 100 000 morts est régulièrement cité. Devant l’Assemblée nationale, cette même année, les nombres rapportés indiquent 80 000 morts.
Un professeur français d’université, spécialiste de la révolte malgache, Jean Fremigacci assure que la répression de l’insurrection n’a pas causé plus de 10 000 morts directs, auxquels s’ajoutent 20 000 Malgaches décédés des suites de leurs blessures, des sévices subis, de la malnutrition.

Au-delà de ces comptabilités plus macabres les unes que les autres, ce 29 mars 1947 est à marqué d’une pierre noire. Ce jour dont nous commémorons l’horreur, cet épisode sanglant que Le Quotidien se devait de sortir d’un relatif oubli, figure parmi les symboles les plus forts de ce que peut produire le colonialisme. Ils font aussi écho à une vive controverse qui a agité un temps la campagne électorale de l’élection présidentielle.
D’abord par la bouche de François Fillon, assurant fin août 2016 que la " France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique".

Thierry Durigneux - Le Quotidien / p.3