lundi 10 août 2020

Les maires au régime de la douche écossaise

Le plus important dans une campagne ce n’est pas le programme, avait déclaré Emmanuel Macron en janvier. Propos repris à l’unisson par ses soutiens, critiqués par ses adversaires : comment ça pas de programme ?
Comme les autres, le candidat ni-gauche, ni-droite a fini par sortir le sien.
Les arsenaux de mesures servent au moins à faire rêver. Le truc à Hamon, qui doit symboliser le monde nouveau qu’il souhaite esquisser, c’est le revenu universel : une vieille idée presque inexpérimentée, c’est l’avantage.
Tous les espoirs sont donc permis ...
Le truc à Macron, c’est la suppression de la taxe d’habitation pour une majorité de ménages. On devine l’allégement des charges qu’une telle décision procurerait. 80% de la population débarrassé de cette taxe : fallait y penser !

Sauf que ces propositions, soufflées des estrades électorales, finissent par s’évaporer au contact de la réalité. Dans le cas de Hamon, les aménagements apportés à son idée phare sont presque caricaturaux, de sorte qu’on se demande ce qu’il en restera, si le candidat de gauche continue de relativiser et de nuancer ce bel emblème de solidarité.

Côté Macron, devant les maires de France qui auditionnaient hier les onze candidats à la présidentielle, le truc infaillible de l’ex-ministre de l’économie a subi l’épreuve du feu. C’est que les maires voient d’un mauvais oeil une telle suppression qui priverait les collectivités de ressources importantes.

Thierry Durigneux - Le Quotidien / p.3