lundi 26 octobre 2020

La journée des dupes

Il y a des jours comme ça où rien ne va… Le ministre de l’Intérieur, Bruno Leroux, qui, il y a peu, stigmatisait François Fillon au sujet du Penelopegate, vient de démissionner pour avoir lui-même employé ses filles, comme collaboratrices parlementaires, dès l’âge de 15 et 16 ans… Des jobs d’été de luxe en fait. On est exemplaire ou on ne l’est pas.

À La Réunion, Thierry Robert, que l’on ne présente plus, Macronien péi aux dernières nouvelles, a donné, dans les jardins de la préfecture, le second acte de sa comédie bouffe des roches de Bois-Blanc. Pour s’opposer à l’avis positif de la Commission départementale de la nature des sites et des paysages (CNDPS) quant à l’autorisation d’exploitation de la carrière que l’on sait, et faire pression sur le préfet de La Réunion, après l’avoir menacé de lui déclarer la guerre en décembre dernier, le premier Macronien de La Réunion a déclenché une grève de la faim dans les jardins de la préfecture, refusant de les quitter. Enroulé dans son écharpe tricolore - que n’avait-il préparé la minerve qu’il avait exhibée suite à sa première farce préfectorale - Thierry Robert s’est ingénié à jouer les zadistes d’opérette, au grand dam de Karine Nabenesa, conseillère régionale LPA et directrice générale adjointe de la mairie de Saint-Leu, dont la tenue prêtait plus au cocktail mondain qu’au camping sauvage.

En fait de baroud d’honneur, Thierry Robert s’est une fois de plus ridiculisé, démontrant par ses outrances, son incapacité à assumer dignement des responsabilités publiques en tant qu’élu de la République. Ses clowneries étaient inutiles, voire frappées du sceau du mensonge et de la dissimulation, car à l’instar de tous les membres de la commission (CDNPS), il savait que la signature de l’arrêté d’autorisation préfectoral devait passer par deux étapes préalables et ne pourrait intervenir avant l’issue de la période de réserve électorale qui se termine le 18 juin. Ce qui n’a pas empêché le grand mamamouchi de "La politique Autrement" de déclarer urbi et orbi que le préfet Sorain voulait passer en force et signer avant le 23 mars…
Mais dans les comédies bouffe, rien n’est sérieux, et la grève de la faim se limitera à un repas décalé, voire au pire, à un court régime. Une pitrerie de carême-prenant destinée à tromper les Réunionnais, les électeurs surtout. Car enfin, ce Thierry Robert-là, qui pose au résistant de salon, non content d’être une girouette politique mue par ses seules ambitions proclamées, distille encore insultes et théorie du complot, affirmant que la Région et l’État sont liés dans une sombre machination au profit d’un géant du BTP, se proclame supérieur hiérarchique du préfet, démontrant par là même l’immensité de son ignorance en matière d’instruction civique.

Au-delà de la faim, l’action de résistance passive mais agitée de Thierry Robert sera nécessairement éphémère. Elle ne passera peut-être pas la nuit, car il lui faudra bien quitter la préfecture qui n’est pas une auberge, et puis, comment pourrait-il parler à l’oreille de Macron qui arrive samedi à La Réunion ? Le zadiste Thierry Robert ferait un beau conseiller outre-mer pour l’énarque costard-cravate tout droit sorti de l’Élysée en passant par Rothschild & Cie. Bon appétit messieurs dames…

Philippe Le Claire - Le Journal de l’île / p.3