lundi 26 octobre 2020

Fillon mis en examen à 40 jours de la présidentielle

À quarante jours de la présidentielle, François Fillon a été mis en examen mardi dans l’enquête sur de possibles emplois fictifs de sa femme et de ses enfants comme assistants parlementaires, une première pour un candidat majeur dans la course à l ?Élysée.
Initialement convoqué mercredi par les juges, le candidat de la droite, dont la campagne est plombée par cette affaire, a été mis en examen pour détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, recel et complicité d’abus de biens sociaux et manquement aux obligations de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), a déclaré à l’AFP une source judiciaire.
"L’audition a été avancée pour qu’elle se déroule dans des conditions de sérénité", a expliqué Me Antonin Lévy, l’avocat de François Fillon. Dans l’après-midi, le candidat est intervenu comme prévu devant la Fédération nationale des chasseurs.
Une mise en examen intervient quand les juges d’instruction considèrent qu’il existe des "indices graves ou concordants rendant vraisemblable" qu’une personne a commis des délits. François Fillon aurait pu être placé sous le statut plus favorable de témoin assisté.
"Vous verrez, ce n’est pas la première fois qu’on agite une affaire à la veille des élections présidentielles. Il y a cinq ans, c’était Nicolas Sarkozy avec l’affaire Bettencourt", qui s’est terminée par un non-lieu, a voulu relativiser l’un des soutiens du candidat Les Républicains, le député LR Daniel Fasquelle, sur BFMTV.
Grand favori de la présidentielle avant les premières révélations du Canard enchaîné fin janvier, distancé depuis dans les sondages du premier tour par Marine Le Pen (FN) et Emmanuel Macron (En Marche !), François Fillon est le premier candidat majeur d’une présidentielle à concourir sous le poids d’une mise en examen. La présidente du Front national y a échappé vendredi en refusant de répondre à une convocation des juges dans l’enquête sur des soupçons d’emplois fictifs chez les assistants des eurodéputés du parti d’extrême droite.

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