lundi 10 août 2020

Pour Fillon, c’est la lutte finale qui s’annonce

François Fillon, que tout un chacun donnait pour politiquement mort il y a peu encore, victime du Penelopegate, et de l’extraordinaire déferlement lié à cette “affaire”, instruite par une justice d’exception appliquée par des magistrats volants, a réussi le tour de force d’y survivre… Et mieux encore, de transformer la débandade de son parti en démonstration de force, au Trocadero, au cœur de Paris, soutenu par son “peuple” de droite.
Alors évidemment, il entre là-dedans beaucoup de communication et de mise en scène ; néanmoins, confronté au lâchage de ses “amis”, de son staff de campagne, poignardé par la défection des Juppéistes et des autres, soumis à la pression de tous ceux qui lui veulent du bien et entendent lui préparer une sortie honorable, Fillon, a réussi à remplacer l’appui partisan par celui d’une part appréciable d’une opinion qui ne se limite pas à la droite. En étant coupé des partis, Les Républicains et l’UDI aussi, Fillon s’est pour ainsi dire refait une virginité en réintégrant la conception gaulliste de l’élection présidentielle au suffrage universel : un homme et le peuple français contre les partis. Cette liberté retrouvée, Fillon la paie cher, mais elle lui a permis d’affirmer devant Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, sa détermination à aller, non pas jusqu’au bout, mais devant les électeurs, le peuple français, qui sera tout à la fois juge et faiseur de roi.

Philippe Leclaire - Le Journal de l’île / p.3